dimanche 17 janvier 2021

La beauté irradie

 Nous en avons bien besoin. La beauté parle à notre âme et nous donne à voir une présence, derrière les phénomènes. Et cela nous donne une confiance sincère en la force de la vie.

Voici donc quelques paroles de François Cheng, extraites de Cinq méditations sur la beauté, un livre qu'il fait bon relire lorsqu'on se sent désarçonné par les difficultés du moment !


« Le mal, on sait ce que c'est, surtout celui que l'homme inflige à l'homme. Du fait de son intelligence et de sa liberté, quand il s'enfonce dans la haine et la cruauté, il peut creuser des abîmes pour ainsi dire sans fond. « 



« En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourra paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit qu'à l'opposé du mal, la beauté se situe bien à l'autre bout d'une réalité à laquelle nous avons à faire face. Je suis persuadé que nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les extrémités de l'univers vivant : d'un côté, le mal; de l'autre, la beauté. «






« Lorsque, devant une scène de la nature, un arbre qui fleurit, un oiseau qui s'envole en criant, un rayon de soleil ou de lune qui éclaire un moment de silence, soudain, on passe de l'autre côté de la scène. On se trouve alors au-delà de l'écran des phénomènes, et l'on éprouve l'impression d'une présence qui va de soi, qui vient à soi, entière, indivise, inexplicable et cependant indéniable, tel un don généreux qui fait que tout est là, miraculeusement là, diffusant une lumière couleur d'origine, murmurant un chant natif de cœur à cœur, d'âme à âme. »





« Lors même que les pétales seraient flétris et tombés au sol, le parfum planerait là, dans la mémoire, rappelant que ces pétales, mêlés à l'humus, renaîtront sous la forme d'une autre rose, que, du visible à l'invisible, et de l'invisible au visible, l'ordre de la vie se poursuit par la voie de la transformation universelle. »



« La bonté est garante de la qualité de la beauté.

La beauté irradie la bonté et la rend désirable. »  


dimanche 10 janvier 2021

Histoire zen

Pour bien démarrer l'année, voici une histoire zen comme je les affectionne.
Vous remarquerez  encore une fois que l'éveil (ou satori) n'est pas si difficile à obtenir et que les maîtres ont de drôles de façon d'y conduire leurs disciples ! 


Le peintre et le samouraï

Le daimyo Nobumitsu était un disciple laïque du maître zen Ekichu. Le moine avait aussi la réputation d'être un peintre inspiré et ses œuvres étaient fort prisées. Le samouraï vint un jour lui rendre visite dans son monastère de Jufukuji pour lui commander quelques peintures sur des thèmes qu'il affectionnait.

_ Veuillez, je vous prie, me peindre quelque chose qui illustrerait un extrait du célèbre poème :

    Après avoir chevauché parmi les fleurs,

    Le sabot du cheval est parfumé.

Le moine prit son pinceau et il brossa en quelques traits habiles un papillon posé sur un sabot.

Le seigneur Nobumitsu cita ensuite les fameux vers :

    La brise printanière souffle

   Sur la berge de la rivière

Le maître peignit alors une branche de saule qui ondulait dans le vent.

L'amateur de peinture, de plus en plus admiratif du talent et de la spontanéité dont faisait preuve l'artiste, lui demanda encore d'illustrer ce poème zen :

    Un doigt pointé sur le cœur humain

    Indique la vraie nature du Bouddha.

Ekichu secoua son pinceau et le visage de Nobumitsu fut éclaboussé par quelques gouttes d'encre. Surpris et irrité, le fier daimyo eut un rictus d'agacement et le maître l'immortalisa sur le papier. Cela fit sourire le samouraï qui insista alors pour avoir une peinture qui illustrerait cette "nature du Bouddha."

_ Montre-moi ta vraie nature et je la peindrai, déclara le maître. 

le samouraï voulut encore ouvrir la bouche mais le moine attrapa son pinceau des deux mains et gishi-gishi le brisa.

Et, dans le silence qui suivit la plainte du bambou, le disciple connut son premier satori.



Celui qui est

Pénétré 

de toutes choses

Pourra se dispenser

De sortir son sabre inconsidérément.

(Ueshiba)





dimanche 3 janvier 2021

Une année nouvelle

Une nouvelle année à écrire, à vivre et à expérimenter : voilà ce qui nous attend. Et puisque maintenant, nous avons une certaine expérience du chaos, nous allons pouvoir créer.


Toute l'équipe de l'association Altaïr et Sylvie Lafuente Sampietro se joignent à moi pour vous souhaiter une belle année ! Une année où nous devrions retrouver notre liberté et pouvoir avancer à nouveau dans nos vies.
Une année pour faire des projets d'avenir et pour imaginer le futur.

Nous suivrons tout cela avec vous et nous chercherons à vous proposer les activités adaptées à ce qui est possible.




Et pour rêver à des jours nouveaux, voici un poème où l'on passe du rêve à l'éveil, de la réalité au sommeil, allongé dans l'herbe.


Kaléidoscope
(Paul Verlaine)


À Germain Nouveau.

Dans une rue, au cœur d’une ville de rêve
Ce sera comme quand on a déjà vécu :
Un instant à la fois très vague et très aigu…
Ô ce soleil parmi la brume qui se lève !

Ô ce cri sur la mer, cette voix dans les bois !
Ce sera comme quand on ignore des causes ;
Un lent réveil après bien des métempsycoses :
Les choses seront plus les mêmes qu’autrefois

Dans cette rue, au cœur de la ville magique
Où des orgues moudront des gigues dans les soirs,
Où les cafés auront des chats sur les dressoirs
Et que traverseront des bandes de musique.

Ce sera si fatal qu’on en croira mourir :
Des larmes ruisselant douces le long des joues,
Des rires sanglotés dans le fracas des roues,
Des invocations à la mort de venir,

Des mots anciens comme un bouquet de fleurs fanées !
Les bruits aigres des bals publics arriveront,
Et des veuves avec du cuivre après leur front,
Paysannes, fendront la foule des traînées

Qui flânent là, causant avec d’affreux moutards
Et des vieux sans sourcils que la dartre enfarine,
Cependant qu’à deux pas, dans des senteurs d’urine,
Quelque fête publique enverra des pétards.

Ce sera comme quand on rêve et qu’on s’éveille,
Et que l’on se rendort et que l’on rêve encor
De la même féerie et du même décor,
L’été, dans l’herbe, au bruit moiré d’un vol d’abeille.


Belle année 2021 à vous !

dimanche 20 décembre 2020

Joie

 Pour aborder cette fin d'année avec joie, voici quelques phrases qui peuvent nous redonner confiance pour repartir avec un souffle nouveau vers 2021 :


"Aujourd'hui, je n'ai rien fait. 

Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n'existent pas ont trouvé leur nid.

Des ombres qui peut-être existent ont rencontré leur corps.

Des paroles qui existent ont recouvré leur silence.

Ne rien faire

sauve parfois l'équilibre du monde, en obtenant que quelque chose aussi

pèse sur le plateau vide de la balance."

Roberto Juarroz



"Les gens pensent que marcher sur l'eau relève du miracle. 

Personnellement, je crois que marcher sur terre est le véritable miracle."

Thich Nhat Hanh



"Tout ce qui vient à nous vient comme un défi et comme une opportunité."

Swami Prajnanpad


Je vous souhaite un joyeux Noël !

dimanche 13 décembre 2020

Que dire de 2021 ?



Comme promis, voici quelques éléments sur la conférence d'astrologie mondiale de Sylvie Lafuente Sampietro du 4 décembre dernier. Le titre en était : L'année 2021 : "S'organiser  dans le chaos créatif".


En 2020, trois planètes importantes pour l'évolution de l'humanité étaient rassemblées dans le ciel, elles nous ont apporté beaucoup de perturbations. Ce rassemblement de planètes est exceptionnel et il nous apporte création, changement mais il comporte aussi de grands risques. Il représente une bascule pour l'humanité et une grande puissance de rénovation.

Début 2021, juste après cette grosse conjonction de planètes, nous sommes dans le moment du chaos innovant. Nous avons la capacité de ressentir profondément les choses et de nous laisser porter. Nous sommes dans le moment où tout est possible et où nous avons le plus de liberté. Mais nous sommes dans l'inconscience de ce qui démarre. Or nous sommes déjà dans un autre monde et les choix que nous faisons sont très importants puisqu'ils engagent l'avenir.

Quel est l'impact en 2021 de ces trois planètes suivant le niveau où nous les avons vécues en 2020 ?



Avec Pluton, nous avons pu être sidérés par l'angoisse puis dominés par la rage qui peut entraîner colère collective, refus et révolte. Or il faut bien admettre que ce qui est est. On peut pédaler, se mettre en colère contre les règles insensées mais ce qui est est. 

Il faut faire muter les structures et entrer dans l'action pour ne pas être dans l'impuissance. 


Avec Saturne, on a peur, peur de voir les pertes de repère des autorités qui devraient nous protéger : on est au début dans la soumission, puis dans l'insubordination ou dans une exigence terrible. Le temps est figé et comme suspendu. 

Il faut accepter nos limites : nous sommes dans l'impossibilité de comprendre ce qui se passe. Nous pouvons prendre des positionnements et des responsabilités dans l'espace et sur les sujets que nous pouvons contrôler.

En cours d'année, le passage de Saturne en Verseau va apporter une concentration de l'énergie. Il faut conserver son éthique, garder la maîtrise de soi dans le chaos ambiant : on ne se perd pas. On peut alors avoir une évolution du niveau de conscience.



Avec Jupiter, nous avons eu une amplification des problèmes et des ennuis. Notre horizon en est envahi.

Il peut y avoir arrêt des projets : on ne paraît plus vivant.

Il faut continuer à avoir des projets et penser à l'avenir. Si on arrête les projets, on perd le sens et la direction de notre vie. La confiance de Jupiter se transforme en défiance.

On peut avoir aussi un retour vers l'essentiel de la vie et du sens des priorités. Il faut donner du sens pour soi à ce qui se passe. Il faut avoir confiance dans le fait que l'humain sait régénérer la vie : cela donne une énergie incroyable.

Des mutations se produisent, on change ses habitudes, on se concentre.

Sylvie Lafuente Sampietro nous a également rappelé de faire attention à cet anthropocentrisme qui nous fait passer de la toute puissance à l'impuissance : nous avons depuis l'antiquité vécu de nombreuses pandémies, souvent beaucoup plus graves que celle-ci et l'humanité a continué son évolution. 



D'où la citation d'Edgar Morin : "Il faut apprendre à naviguer dans un océan d'incertitudes à travers des archipels de certitudes."

Voici donc un aperçu du tout début de la conférence qui replace 2021 dans le contexte que nous avons connu et qui nous donne déjà quelques clés de compréhension. Le contenu est très riche et je ne saurais vous le résumer ici entièrement. Nous avons parcouru les positions planétaires de l'année 2021, puis avons exploré comment s'organiser et créer dans le chaos et avons vu que nous traversions une crise de conscience et une réorientation

Je vous conseille si cela vous intéresse de nous demander le lien vers l'enregistrement de la conférence, vous pourrez la voir et l'écouter en totalité. 

Vous pouvez nous envoyer un mail à : assoc.altair@gmail.com, nous vous expliquerons la marche à suivre pour vous acquitter des 10 € demandés. 

dimanche 6 décembre 2020

Et en 2021, alors ?

 



Vendredi soir, Sylvie Lafuente Sampietro nous a présenté sa conférence d'astrologie mondiale pour l'année 2021.

Nous étions en visioconférence, pour la première fois. Cette année 2021 est décidément l'occasion de grandes nouveautés !

Nous étions nombreux pour cette première, de tous horizons, et tout le monde était heureux de se retrouver. La conférence à Grenoble ne permet pas de nous réunir aussi largement. Nous avions aussi beaucoup d'attentes sur le contenu car les bouleversements de 2020 nous ont interpellés. Que va-t-il se passer en 2021 ? Le titre : "S'organiser dans le chaos créatif" nous donnait déjà le programme !

Nous avons eu des perspectives, une ligne à laquelle nous tenir et c'était très revigorant.

Aujourd'hui, je vais vous donner un aperçu avec les citations qui ont émaillé la conférence. Il me semble qu'on y retrouve l'atmosphère de la conférence. La semaine prochaine, je vous montrerai un peu plus ce chemin que nous avons parcouru, qui nous laisse une grande liberté. L'année 2021 sera une année tonique !


La vedette des citations de cette année était Edgar Morin. Il faut dire que ses paroles sur la crise sont vraiment éclairantes et que ce presque centenaire qui a toujours le sourire est un exemple.

"Il faut apprendre à naviguer dans un océan d'incertitudes à travers des archipels de certitude." E. Morin

"Le développement et la démocratie sont étroitement liés. Une opinion publique bien informée est une composante essentielle de la démocratie." Kofi Annan

"La crise devrait ouvrir nos esprits sur l'essentiel : l'amour et l'amitié, la communication et la solidarité." E. Morin



"L'homme est l'espèce la plus insensée, il vénère un Dieu invisible et massacre une nature visible, sans savoir que cette nature qu'il massacre est ce Dieu invisible qu'il vénère." Hubert Reeves

"A force de sacrifier l'essentiel à l'urgence, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel." E. Morin

" C'est la surprise, l'étonnement qui nous oblige à évoluer." E. Morin

"Le monde du partage devra remplacer le partage du monde." Claude Lelouch

"Le libre arbitre est la capacité de faire volontiers ce que je suis appelé à faire." C.G. Jung

"Une prévision statistique avant la naissance de l'univers aurait considéré celui-ci comme quasi impossible." E. Morin

"Un gagnant est un rêveur qui n'abandonne jamais." Nelson Mandela

Voilà déjà un bon aperçu de la conférence et de la bouffée d'air qu'elle nous a insufflés !



dimanche 29 novembre 2020

La culture




Voici une belle définition de la culture :

La culture ce n’est pas avoir le cerveau farci de dates, de noms ou de chiffres, c’est la qualité du jugement, l’exigence logique, l’appétit de la preuve, la notion de la complexité des choses et de l’arduité des problèmes. C’est l’habitude du doute, le discernement dans la méfiance, la modestie d’opinion, la patience d’ignorer, la certitude qu’on n’a jamais tout le vrai en partage; c’est avoir l’esprit ferme sans l’avoir rigide, c’est être armé contre le flou et aussi contre la fausse précision, c’est refuser tous les fanatismes et jusqu’à ceux qui s’autorisent de la raison; c’est suspecter les dogmatismes officiels mais sans profit pour les charlatans, c’est révérer le génie mais sans en faire une idole, c’est toujours préférer ce qui est à ce qu’on préférerait qui fût.
Jean Rostand, Le droit d’être naturaliste (1963).

Je vous souhaite une belle semaine !