dimanche 15 avril 2018

Tagore et Mâ

Partons pour l'Inde avec Rabindranath Tagore. J'ai été séduite par sa voix et par la lumière de ses mots. Ce poème-ci en particulier nous parle si bien de notre condition d'humains chercheurs de sens. Tout est là et rien n'est perdu, c'est magnifique.



"Ce jeu qui est le tien 
C'est de nous balancer
Au rythme d'une mélodie silencieuse
De nous balancer sur ta balançoire.
Tu nous fais monter jusqu'à la lumière
Et brusquement tu nous précipites
Au fond des ténèbres.
Quand la balançoire remonte
Ce sont des rires joyeux.
Quand elle redescend,
ce sont des cris de peur.
Ce trésor qui est le tien
Tu le fais passer de ta main droite
à ta main  gauche
Et encore et encore.
Assis dans la solitude
Tu rassembles les soleils et les lunes
Et tu les fais tourner sans cesse
Tu les dévoiles et ils sont nus
Puis tu les habilles d'un voile
qui nous les cache.
Croyant que les trésors
de notre cœur
nous ont été arrachés
nous pleurons des larmes inutiles.
Mais tout est plein et complet
Rien n'a été perdu.
Il n'y a que la balançoire
Sans cesse, qui va et qui vient."
Rabindranath Tagore




Continuons avec l'Inde et cette grande figure qu'est Mâ. Une autre manière de nous dire que tout est en nous.
"L'appeler à grands cris n'est jamais vain et il faut continuer à prier tant que vous n'avez reçu aucune réponse. Ce n'est que le Soi qui s'appelle lui-même, et nul autre que le Soi ne se réalise Lui-même. Une prière incessante permet de trouver celui qui est la totalité (akhanda)."
Mâ Ananda Moyî



Terminons avec Rabindranath Tagore, et cette phrase que je trouve splendide, elle nous donne une clé, la clé de la joie :
"Je dormais et je rêvais que la vie n'était que joie. Je m'éveillai et je vis que la vie n'est que service. Je servis et je compris que le service est joie." Rabindranath Tagore

dimanche 8 avril 2018

Programme du trimestre

Comme chaque trimestre,  l'association Altaïr vous propose des activités que nous avons plaisir à vous présenter.
Ce trimestre, nous avons prévu une soirée étoilée le 1er mai. Vous savez que nous les aimons particulièrement. Et même si la météo nous oblige parfois à les annuler ou les reporter, nous tenons à les continuer car ce sont de très beaux moments. 



Puis, le 6 juin, Sylvie Lafuente Sampietro animera un atelier d'astrologie interactif. Ces ateliers sont l'occasion de découvrir comment nous vivons un sujet particulier, ici le féminin, à travers notre thème natal. Celui-ci sert de base à notre exploration et nous sommes guidés tout au long de la soirée par Sylvie lafuente Sampietro. Que vous connaissiez ou non l'astrologie, c'est une belle opportunité d'en savoir un peu plus sur vous-mêmes.



Et nous avons toujours dans notre local, l'exposition des œuvres de Myrrha, que vous pouvez découvrir lors des séances d'ouverture au public dont les dates vous sont précisées ci-dessous.
L'exposition se terminera fin juin, profitez de ces dates pour venir nous rendre visite !




Nous vous souhaitons un très beau trimestre, nous espérons vous retrouver pour ces manifestations où nous serons très heureux de vous accueillir.

dimanche 1 avril 2018

Poésie de l'instant

Des poèmes courts qui à chaque fois expriment l'essentiel : la beauté du moment, une sensation ou un sentiment fugitif suggéré par la nature. Les haïkus.
"Lisons. Écoutons cette façon inimitable de faire sourdre l'invisible. Comme une perception accélérée de l'instant. Comme si la nature, tout soudain, prenait la parole à la place de l'homme, telle une extension de lui-même et de ses émotions. Le poète contemple la lune (ou serait-ce l'inverse ?) _ leurs visages se reflètent jusqu'à se confondre. Voici le monde offert pour ce qu'il est : un espace où s'entretissent infiniment tristesse et beauté."





Une nuit au temple _
la lune
au plus clair de mon visage
Bashô
"Absorbons ces poèmes qui font écho au souhait rilkien d'"entendre chanter les choses." Des poèmes lâcher-prise, écrits par des fous de poésie. Ils n'imposent rien, ils offrent, ils tendent, ils éclosent. Ils disent une "reconnaissance" . Ils sont une "folle sagesse"mise en poésie." (extrait de la préface du livre : Haïku par Corinne Atlan et Zeno Bianu)




A la surface de l'eau
des sillons de soie_
pluie de printemps
Ryôkan

Vieil étang _
au plongeon d'une grenouille
l'eau se brise
Bashô

Valsent les papillons_
je parle
avec les morts
Yokoyama Hakkô




Une autre forme de poème court mis à l'honneur récemment par François Cheng permet aussi la fulgurance. Il est peut-être plus adapté à la langue française, qui rend difficile la traduction du japonais. François Cheng sait merveilleusement associer sa culture chinoise avec la culture française, en particulier dans ces quatrains..

De flamme et d'azur
Alouette au chant pur,
D'un bond, tu accèdes
A la plus haute fête !



La nature en nous, ouvre ses métamorphoses,
Lys s'éveillant nuage, et dragon phénix.
Monts et mers, vaste réserve inépuisable,
Qu'englobe pourtant ce cœur nôtre, infime.



dimanche 25 mars 2018

Une nouvelle définition du soi

Cette semaine, dans Telerama, le philosophe Pascal Chabot est interviewé sur les défis de notre monde.




Et il nous parle du soi d'une manière éclairante, face à ce qu'il appelle les ultraforces ( comme la finance, la robotisation, la numérisation ou la médicalisation), ces puissances qui règnent sur notre monde sans état d'âme. Je vous présente donc un extrait de cette interview :

"Le "soi" est une manière philosophique de dire que nous sommes des individus capables de nommer ce qui leur importe fondamentalement. Pour mieux le comprendre, demandez-vous ce que vous aimez chez l'autre quand vous aimez vraiment. Nous n'aimons jamais une personne pour son "moi" adapté au système mais pour ses qualités propres, celles qui font précisément qu'elle est elle, et pas une autre. Ce que nous aimons, c'est ce qui compte pour elle, c'est-à-dire son "soi". Et chacun est libre évidemment de décider ce qui compte vraiment. Portant, il me semble qu'on peut déceler quelques invariants constitutifs en chacun de nous : la "saveur" d'exister, par exemple, c'est-à-dire le rapport sensuel que nous tissons avec le monde, cette sensualité qui passe dans notre rapport à la nature, à ce que nous aimons manger, écouter, voir... Un autre marqueur universellement partagé est la recherche de stabilité et d'équilibre _ alors que la mentalité disruptive, on l'a vu, promeut justement le déséquilibre comme mode d'existence privilégié. Notre corps lui-même est une machine à retrouver des équilibres ! Autre marqueur : il me semble que la redécouverte de soi n'est jamais ... une fin en soi : elle ouvre sur un désir de l'autre. Le cocooning, la recherche de bien-être ont leur importance, mais c'est n'aller qu'à mi-chemin avec ces instruments que de leur refuser de nous mener vers autrui. Sinon, nous finirons tous comme le héros du film Cosmopolis, de David Cronenberg, enfermé dans sa limousine et se disant, alors qu'approche la fin du monde, que finalement il a réussi à se construire son petit pré carré de qualité, et que ça lui suffit... Le soi est toujours relié à l'autre, et c'est quand il se mue en "hors de soi", dans l'amitié, ou l'amour, après avoir défini ce qui lui importe vraiment et dépend de lui, qu'il est le plus épanoui."




"C'est dans la capacité à sortir de notre souffrance de sujets clivés, de choisir la quête d'un soi plus libre (et sans doute plus seul) pour dire haut et fort "Ceci est absolument essentiel pour moi et je me battrai pour le défendre", que se rejoignent la culture et la politique."

Cette définition du soi qui s'élargit vers la société est très intéressante, car nous entendons souvent le soi comme un sujet très personnel à traiter dans l'intimité alors que c'est bien en nous reconnectant à lui que nous pouvons réellement devenir des acteurs libres dans le monde. 



dimanche 18 mars 2018

Réjouissante bourse aux livres

Il pleuvait, hier, sur Grenoble, jusqu'en fin d'après-midi. Nous avions préparé la bourse aux livres et installé le matin nos tables couvertes de livres, prêtes à accueillir nos visiteurs.



La pluie ne les a pas arrêtés puisque nous avons eu des lecteurs de passage tout au long de l'après-midi.
Bien sûr, les livres de Dane Rudhyar ou de  Stephen Arroyo, références pour les astrologues sont bien vite partis, mais nous avons aussi pu faire partager des livres d'auteurs très différents, comme Joëlle de Gravelaine, Annick de Souzenelle, Liz Greene ou Denis Labouré.
Nous étions heureux de pouvoir proposer tous ces livres que nous ne pouvions ajouter à notre bibliothèque et heureux de voir l'intérêt porté à nos propositions.
Autour d'un thé ou d'un café, chacun a pu échanger et commenter ou demander conseil.
Ou même se retrouver entre amis.
Nous avons passé une belle journée, grâce à nos visiteurs. Nous les remercions chaleureusement d'avoir bravé la pluie pour venir nous retrouver.
Et espérons qu'ils ont pu goûter au plaisir de la lecture à leur retour chez eux.


"Car la lecture est une découverte de soi : "En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. L'ouvrage d'un écrivain n'est qu'une espèce d'instrument optique qu'il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que sans le livre il n'eût peut-être pas vu en soi-même."

"Tant que la lecture est pour nous l'initiatrice dont les clefs magiques nous ouvrent au fond de nous-mêmes la porte des demeures où nous n'aurions pas su pénétrer, son rôle dans notre vie est salutaire."
Marcel Proust




La lecture est aussi une compagnie, une présence qui accompagne la solitude. Elle est aussi amitié qui se crée entre le lecteur et l'écrivain. Elle nous met en relation avec les autres lecteurs, en particulier à l'occasion de manifestations comme notre bourse aux livres. Elle nous ramène souvent à notre enfance, à la découverte du bonheur d'écouter puis de lire des histoires. et elle nous donne la liberté d'imaginer les mondes qui nous sont donnés à lire, de percevoir les mots à notre manière et de les entendre selon notre personnalité. Et les livres sont un appel à vivre, pour sentir par nous-mêmes ce que les auteurs ont voulu nous montrer dans leurs ouvrages.
Quant aux livres d'astrologie, ils peuvent nous ouvrir à de nouvelles dimensions de nous-mêmes, nous faire découvrir de nouvelles techniques de travail ou tout simplement nous permettre d'accéder à de nouvelles connaissances dont la richesse est infinie.


dimanche 11 mars 2018

Bourse aux livres

Samedi 17 mars, nous organisons une bourse aux livres au local d'astrologie.




Notre bibliothèque s'est en effet constituée au fil des ans de livres achetés par nos soins mais bien souvent aussi de livres qui nous ont été donnés.
Nous avons ainsi pu enrichir nos collections de nombreux livres, en particulier d'astrologie, très intéressants et souvent rares parce que plus édités.
Nous aimons partager cette richesse avec vous grâce aux prêts de livres que notre association a mis en place.
Mais au fil du temps, nous avons eu beaucoup de livres en double ou triple exemplaire et certains livres qui ne correspondaient pas aux thèmes que nous souhaitons conserver dans notre bibliothèque.
Ces livres, nous voulons vous les proposer lors de la bourse aux livres du 17 mars de 14h00 à 18h00 au local d'astrologie.
Nous aurons donc le plaisir de vous proposer des livres d'astrologie, mais aussi de psychologie, de psychanalyse, de spiritualité, d'ésotérisme.
Tous ces livres vous seront proposés à 2, 3 ou 5 €.
Je vous incite donc à venir nous rencontrer, voir ce qui vous intéresse et repartir éventuellement avec de belles découvertes.
Vous pourrez en même temps admirer notre belle exposition des œuvres de Myrrha et si vous le souhaitez acquérir un des tableaux sur le zodiaque.



"Un vrai livre, c'est toujours quelqu'un qui entre dans notre solitude."Christian Bobin


" La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver." Jean Guéhenno 





dimanche 4 mars 2018

L'âme au lever du jour

Un nouveau livre de François Cheng (Enfin le royaume), c'est toujours des moments de bonheur assurés. Avant de partir à sa découverte, je reviens sur son dernier livre : "De l'âme" pour redécouvrir certains passages qui m'ont fait vibrer.




Nous voici au lever du jour, au sommet de la montagne :

"Personnellement, si je suis fidèle au rendez-vous du couchant sur la mer, ou sur le fleuve, je ne me lasse pas de l'apparition du grand astre au sommet d'une montagne. La première fois, ce fut sur un vieux mont situé au sud de la Chine. Après une journée de pénible ascension, nous nous approchons de la cime noyée dans les nuages, nous pénétrons dans la solennité de grands conifères multicentenaires dont la senteur résineuse nous enivre, nous fait communier avec l'univers le plus archaïque -sentiment d'originel. Accueillis par des moines dans un temple, nous nous délestons de tout. La nuit est déjà tombée. Une ablution à même la cascade, un repas frugal, nous nous abandonnons à un sommeil bercé par les clochettes suspendues au coin de l'auvent. A cinq heures, nous grimpons jusqu'à une terrasse haut perchée, formée opportunément par de gros rochers plats. Les uns debout, d'autres assis,  riant, bavardant, nous sommes une trentaine à attendre là, dans le noir épais que traversent de temps à autre des oiseaux de nuit lourds de pressentiments. Plus loin, on devine une rangée de montagnes faisant un rempart qui sépare "ce côté-ci et l'au-delà". Brusque silence quand un trait de lueur traverse l'horizon - coup de gong nous frappant au cœur, coup d'épée déchirant les ténèbres. La lumière fait signe, la vie s'annonce, plus rien ne peut l'en empêcher. Pathétique mais sûr, centimètre par centimètre, le disque lumineux émerge des ombres. Happés par le sacré, les yeux inondés de larmes, nous nous taisons, jusqu'à ce que l'astre s'offre de toute sa rondeur, indéniable, aussi impérieux qu'irrésistible. C'est alors que nous explosons en applaudissements, en hourras comme pour faire chorus avec les nuages qui s'embrasent, resplendissent de tous les coloris dont l'univers est capable."




"On a beau te répéter que l'univers existe depuis des milliards d'années, toi tu es là pour la première fois. tu vois le ciel se lever et éclairer le monde comme si tu assistais à son avènement. L'univers advient à mesure que tu adviens. Cet instant de rencontre donne sens à toi comme à l'univers - instant rejoignant l'éternité, instant d'éternité."




Bien d'autre passages auraient pu retenir mon attention aujourd'hui, mais je crois que le printemps qui s'annonce et les signes de la nature en ce mois de février ont formé un écho à ce lever du jour si vivant de François Cheng.





Au sommet du mont et du silence,
rien n'est dit, tout est.
Tout vide est plein, tout passé présent,
tout en nous renaît.

(François Cheng, Enfin le royaume)