dimanche 9 décembre 2018

Protestation



Je proteste (Louis Aragon)


Je proteste
Pour ce qu’on a fait de nous
prenant tout pour de l’eau pure
qui ne cherchions aventure
que de la bonté future
  et qu’on a mis à genoux

Je proteste
Qu’on nous trompe qu’on nous leurre
nous donnant le mal pour bien
celui qui n’en savait rien
et qui le mal pour bien tient
n’est-ce pour le bien qu’il meurt

Je proteste
  Au nom des choses meilleures
prêts à tout ce qu’on voudrait
à tout sacrifice, prêts
pauvres gens, bêtes de trait
qu’on bafoue et mène ailleurs

Je proteste  


   Que reste-t-il de la France d'hier ? demande-t-on à Christophe Guilluy.
 "Il reste ce que le monde d'en-haut a rejeté, enterré et oublié :  les "nouvelles classes populaires".  Des catégories fracassées, mais majoritaires. Mal ou peu intégrées au modèle économique, fragilisées socialement, reléguées géographiquement et culturellement. Elles n'en constituent pas moins le mouvement réel de la société. Ces catégories, certes "déglinguées", comme le dit justement Jean-Pierre Le Goff, portent les vestiges de "l'ancien monde" qu'il faut sauver : des solidarités contraintes à l'attachement à un ancrage territorial et culturel."          

dimanche 2 décembre 2018

Comment va le monde en 2019 ?

Nous avions ce vendredi rendez-vous avec l'astrologie mondiale et Sylvie Lafuente Sampietro nous a donné l'occasion de regarder le monde de plus haut et de prendre le recul nécessaire pour comprendre ce qui se joue actuellement.



Nous avons comme chaque année pris des nouvelles des planètes collectives : Pluton, Neptune, Uranus, Saturne et Jupiter. Puis nous avons observé les relations qu'elle entretiennent entre elles, ce que les astrologues appellent des transits.
Chaque planète vient nous interpeller sur un sujet, et les planètes entre elles forment des cycles. Ces cycles sont très importants pour l'humanité. En les étudiant, nous pouvons regarder comment ces cycles se sont déroulés dans le passé et mieux appréhender les moments actuels, voir comment l'humanité a réagi par le passé et ce qu'elle fait aujourd'hui. Gérons-nous mieux les moments forts des cycles ou au contraire reproduisons-nous les mêmes erreurs ?
Nous savons également quels sont les enjeux de chaque moment du cycle : nous connaissons donc le type d'action appropriée pour la période dans laquelle nous nous trouvons.
Et lorsque nous parlons de la gestion des cycles, c'est tout aussi vrai pour l'humanité que pour toutes nos collectivités, entreprises, associations... que pour nous-mêmes, individuellement. Nous sommes aussi les acteurs de ces cycles et nous avons à relever nous aussi les défis du cycle.


En 2019, nous devons d'abord conclure le passé. Trois cycles importants se terminent ( le cycle entre Jupiter et Saturne, le cycle entre Pluton et Saturne et le cycle entre Saturne et Jupiter). En 2020, ces trois cycles recommenceront et une nouvelle dynamique s'installera.
Mais lorsqu'il faut conclure un cycle, ce n'est jamais facile. Il faudrait pourtant prendre le temps de tirer la quintessence du cycle qui s'achève, comprendre le processus qui était à l'oeuvre, pour pouvoir repartir ensuite.
La comparaison avec les cycles précédents nous permet une bonne appréciation de ce qui s'est joué dans ce cycle, comment nous l'avons géré et ce qu'il en est advenu.
Dans nos vies, nous pouvons regarder ce qui a démarré au début de chaque cycle et voir comment nous avons géré sur la durée les graines semées tout au début. Cela nous permettra de tirer des conclusions sur notre façon d'aborder ce type de cycle.
A la fin de ces trois cycles, on sent une colère qui monte, le changement qui arrive inquiète. Il faut associer authenticité et durabilité pour s'inscrire dans la dynamique actuelle.


En 2019, nous devons également impulser l'avenir. Et pour cela, nous nous référons à d'autres cycles entre les planètes (Pluton et Uranus, Neptune et Uranus).
Nous assistons à la création d'une nouvelle société impulsée par les génies qui ont changé notre vie par des outils technologiques. Nous avons les outils pour changer le monde, ce monde qui ne ressemble pas à celui que nous avions imaginé.
Nous avons aussi à créer du neuf en combinant la liberté et la compassion et le partage.
Partout, de nouvelles visions du monde émergent telle celle de Gaïa et de l'anthropocène dont j'avais déjà parlé.
Nous sommes actuellement sur des transits semblables à ceux de la Commune en 1848 et nous savons qu"ils nous ont conduit vers Napoléon III , la fin des démocraties et les théories de Karl Marx.
Durant cette période de changement, nos projets sont instables et il nous faut accepter une nouvelle vision du monde. La peur peut bloquer le mouvement mais la période actuelle est propice à de nouvelles visions idéologiques.


La conférence est disponible sous forme de CD en location pour les adhérents Altaïr.

dimanche 25 novembre 2018

Histoires taoïstes

Voici deux histoires taoïstes amusantes, montrant une compréhension profonde de l'esprit humain mais aussi une ironie paisible envers les sages et les politiques.




Confucius voyageant dans l'Est de la Chine vit deux petits garçons qui se querellaient. Il leur demanda la raison. Le premier enfant dit :
" Quand le soleil se lève, il est aussi grand qu'une roue de char; à midi, il n'est pas plus grand qu'une assiette ou qu'une tasse. Ce qui est loin semble plus petit; ce qui est proche semble plus grand."
L'autre répliqua : "Quand le soleil se lève, il est tout froid mais à midi, c'est comme si on plongeait sa main dans de l'eau chaude. Ce qui est plus proche est plus chaud, n'est-il pas vrai ?"
Confucius fut incapable de trancher la question. Les deux enfants se mirent à rire : "Qui prétend que vous avez beaucoup de savoir ?".
Liezi 5




Alors que Zhuangzi pêchait à la ligne dans la rivière Pu, le roi de Chu envoya deux de ses officiers pour lui faire des avances.
"J'aimerais vous confier la charge de mon territoire."
Zhuangzi, sans relever sa ligne, sans même tourner la tête, leur dit : "J'ai entendu dire qu'il y a à Chu une tortue sacrée morte depuis trois mille ans. Votre roi conserve sa carapace dans un panier enveloppé d'un linge, dans le temple de ses ancêtres. Dites-moi si cette tortue eût préféré vivre en traînant sa queue dans la boue."
_ Elle aurait préféré vivre en traînant sa queue dans la boue", dirent les deux officiers.
Zhuangzi dit : "Allez-vous-en ! Je préfère moi aussi traîner ma queue dans la boue ."
Zhuangzi 17




Et pour ne pas laisser croire que les chinois taoïstes ne sont que des farceurs, voici un des préceptes du taoïsme, extrait du Daodejing, le livre origine du taoïsme :

"Le sage n'accumule aucun bien
        Plus il fait pour les autres et plus il possède;
        Plus il donne aux autres et plus il reçoit.

La voie du sage est d'agir sans lutter."

Daodejing 81




dimanche 18 novembre 2018

Victor Hugo et la guerre

Puisque nous avons parlé ces derniers temps de guerre et puisque Victor Hugo est toujours d'actualité, j'ai réuni deux poèmes qui nous parlent de guerre. Et puisque le souvenir doit être entretenu des atrocités et de ce que personne ne souhaite revoir, écoutons sa voix une nouvelle fois.



Depuis six mille ans la guerre
Plait aux peuples querelleurs,
Et Dieu perd son temps à faire
Les étoiles et les fleurs.

Les conseils du ciel immense,
Du lys pur, du nid doré,
N'ôtent aucune démence
Du cœur de l'homme effaré...

Depuis six mille ans la guerre (Victor Hugo)



Continuons avec ce poème, intitulé Bêtise de la guerre :

Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,
Berceuse du chaos où le néant oscille,
Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,
Toute pleine du bruit furieux des clairons,
Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,
Hideuse, entraîne l’homme en cette ivrognerie,
Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,
Où flotte une clarté plus noire que la nuit,
Folle immense, de vent et de foudres armée,
A quoi sers-tu, géante, à quoi sers-tu, fumée,
Si tes écroulements reconstruisent le mal,
Si pour le bestial tu chasses l’animal,
Si tu ne sais, dans l’ombre où ton hasard se vautre,
Défaire un empereur que pour en faire un autre ?



dimanche 11 novembre 2018

Une légende de la lune


"La lune accompagne les nuits des humains depuis les temps les plus anciens. Très tôt, sans doute, ils ont observé les changements de sa forme. Nuit après nuit, ils l'ont vue apparaître comme un mince croissant et puis croître jusqu'à devenir "la pleine lune" qui illumine toute la campagne de son éclat argenté. Les nuits suivantes, ils l'ont vue maigrir progressivement jusqu'à disparaître pendant quelques jours. Inquiets de cette disparition, on peut supposer qu'ils se sont réjouis de son retour et de la reprise de son cycle. La Lune illustrait ainsi l'existence dans la nature, de phénomènes réguliers se reproduisant fidèlement avec la même séquence de phases.
On pense aujourd'hui que l'observation de ce cycle lunaire a joué un rôle important dans la naissance et l'élaboration des sciences. Les humains ont découvert par là que les comportements de la nature ne sont pas complètement aléatoires et chaotiques. De là serait née la confiance qui a permis la recherche et l'élaboration des connaissances. La lune a profondément influencé le parcours intellectuel des humains." Hubert Reeves



La lune a aussi été la source de rêves et de nombreuses contes et histoires. Voici par exemple Le lièvre et la lune, un conte hottentot, peuple de pasteurs nomades d'Afrique du Sud. 



Souvent affamés, blessés ou malades, les premiers hommes qui peuplaient la terre menaient une vie difficile. La Lune qui les regardait du haut du ciel eut soudain pitié d'eux. Apostrophant un lièvre qui passait par là, elle le chargea de transmettre aux hommes le message suivant : "Tu diras aux hommes qu'ils ont été créés à mon image et et que leur vie est semblable à la mienne. Quand ils viennent au monde, ils sont fragiles comme un fin croissant de Lune. Mais très vite ils grandissent. Arrive alors le temps de la maturité où ils rayonnent tels une Pleine Lune. Puis ils commencent à s'affaiblir, à décliner pour disparaître un jour, comme moi quand vient la Nouvelle Lune. Mais cette mort n'est qu'un passage. Qu'ils sachent qu'après trois jours, comme moi, eux aussi ils renaîtront. Une nouvelle vie les attend après la mort. Qu'ils n'oublient jamais cela !"
La Lune avait à peine prononcé ces derniers mots que notre lièvre était déjà parti. Mais vous savez comment sont les lièvres... Ils perdent souvent la mémoire en courant. Et c'est une information incomplète qu'il transmet aux hommes.
 "Votre destin est semblable à celui de la Lune. Comme elle, vous apparaissez, vous déclinez et puis un jour vous mourrez" leur dit-il.
L'essentiel du message a été perdu. Dépitée et furieuse, la Lune lance alors une grosse branche à la face du lièvre. Et c'est depuis ce jour-là que les lièvres ont un bec de lièvre... et que les hommes meurent désespérés. 
Raconté par Bernard Melguen dans La lune, vérités et légendes


dimanche 4 novembre 2018

Eloge de la solitude

La solitude, on l'aime ou on la craint. Nous y sommes tous confrontés un jour ou l'autre et bien évidemment, au moment de notre naissance et de notre mort. Selon la façon dont nous l'expérimentons, à notre corps défendant ou volontairement, la sensation peut être très différente. Aujourd'hui, j'explore la face positive de la solitude en quelques exemples  qui m'ont interpellée lors de mes lectures.




Gao Xingjian a beaucoup voyagé dans son pays, la Chine, seul. Et ses livres, tout en nous racontant ses voyages, nous font vivre cette solitude, qui permet la rencontre des autres et une grande liberté. Elle est chemin spirituel.
"La solitude est encore plus une condition nécessaire de la liberté, et la liberté dépend avant tout de la capacité à pouvoir réfléchir librement; or c'est précisément quand il est seul que l'homme peut commencer à réfléchir."  Gao Xingjian




Rainer Maria Rilke fait l'éloge de la solitude dans ses Lettres à un jeune poète. Donnant des conseils au jeune homme qui voudrait devenir écrivain, il fait ici l'éloge de la solitude à celui qui se plaint d'être seul, dans sa vie et son travail. 
"Dites-vous bien : que serait une solitude qui ne serait pas une grande solitude ? La solitude est une : elle est par essence grande et lourde à porter. Presque tous connaissent des heures qu’ils échangeraient volontiers contre un commerce quelconque, si banal et médiocre fût-il, contre l’apparence du moindre accord avec le premier venu, même le plus indigne… Mais peut-être ces heures sont-elles précisément celles où la solitude grandit et sa croissance est douloureuse comme la croissance des enfants, et triste comme l’avant-printemps. N’en soyez pas troublé. Une seule chose est nécessaire: la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même, et ne rencontrer durant des heures personne c’est à cela qu’il faut parvenir. Être seul comme l’enfant est seul quand les grandes personnes vont et viennent, mêlées à des choses qui semblent grandes à l’enfant et importantes du seul fait que les grandes personnes s’en affairent et que l’enfant ne comprend rien à ce qu’elles font."
Rainer Maria Rilke




Un autre grand voyageur, Sylvain Tesson, a exploré la solitude très intensément, au cours de ses voyages mais également lors de son séjour solitaire dans une cabane de Sibérie (Dans les forêts de Sibérie). 

"Jusqu'alors, j'avais cru Paul Valéry, lorsqu'il disait qu"un homme seul était en mauvaise compagnie." Avant de partir seul, je pensais que la solitude serait mon pire ennemi. Je ne la connaissais pas, et c'est en vérité une compagne merveilleuse. On devrait l'appeler Félicité. Elle est le plus beau cadeau que l'on puisse offrir à son âme. Elle maintient l'équilibre entre soi-même et le monde extérieur, elle renoue le lien entre l'être et le cosmos." Sylvian Tesson




Et pour conclusion, cette image puissante de Khalil Gibran :

Toute lutte dans la vie n'est que chaos qui aspire à l'ordre. La solitude est une tempête de silence qui arrache toutes nos branches mortes. Pourtant, elle implante nos racines dans les profondeurs du cœur vivant de la terre vivante."

dimanche 28 octobre 2018

Poils de chenille et flocon de neige

Voici quelques pensées, haïkus et petites histoires zen. Qu'on les lise avec légèreté ou pas, elles font du bien et nous font passer un bon moment (de réflexion ou de poésie...).

Il y a des choses qui ne se peuvent enseigner.
Il faut les pénétrer soi-même.
Bashô




La brise du matin 
fait voleter les poils 
de la chenille.
Buson

Pour un unique moustique
je ne peux dormir !
Nuit d'automne.
Jugo

Pourchassée
la luciole se cache
dans un rayon de lune.
Oshima Ryoiu




Les deux grenouilles

Il était une fois deux grenouilles, également sages, qui rêvaient chacune en son logis de beaux voyages. La première habitait Edo, et voulait connaître Kyoto. La seconde demeurait à Kyoto, et souhaitait visiter Edo. 
A peu près à mi-chemin au sommet d'une colline, elles se croisèrent. La grenouille d'Edo vit dans les yeux de sa congénère flotter comme un mirage, la ville d'Edo, et la grenouille de Kyoto aperçut en filigrane dans les yeux de sa compagne les monts Hieizan et Atagoyama, qui forment comme un écrin à la ville de Kyoto. Ensemble elles soupirèrent, et renoncèrent à leur voyage.


Dans un grain de poussière se trouvent
des univers sans nombre
et tous ces univers sont réunis
à la pointe d'un poil.
Tao Shin




Le grand maître Bassui s'adressait ainsi à l'un de ses disciples en train de mourir :


Ne désire rien.
Ta fin n'en n'est pas une.
Elle est un flocon de neige,
qui se dissipe dans l'air pur.





Tous ces petits textes sont extraits d'un livre de Henri Brunel illustré par Charlotte Gastaut intitulé : Le moustique



lundi 22 octobre 2018

Conférence d'astrologie mondiale




Le temps passe et 2019 se profile à l'horizon. Et pour préparer cette prochaine année, la conférence d'astrologie mondiale de Sylvie Lafuente Sampietro est toujours un moment très important.
En 2019, nous serons toujours dans une année de bilan et de construction, avant l'année 2020 qui verra de nombreux redémarrages au niveau mondial. L'astrologie mondiale nous permet de regarder le monde à l'échelle de grands cycles planétaires. Selon le moment de ces cycles, les défis que l'humanité doit relever sont très différents : ces défis nous concernent tous, au niveau mondial, au niveau des pays et au niveau individuel. C'est ce qui rend cette démarche originale et nous permet de prendre du recul par rapport aux événements très perturbants qui nous sont annoncés quotidiennement. Nous pouvons remettre en perspective ce qui se joue autour de nous et notre rôle au sein de ce monde. 

Voici donc comment Sylvie Lafuente Sampietro nous présente cette conférence : 

Conclure le passé et impulser le futur

Cette conférence a pour objectif de vous permettre de mieux comprendre la mutation du monde et de nos sociétés à travers une prise de recul sur l’actualité et une compréhension des cycles que l’humanité vit. Elle est un apport personnel pour la gestion de votre année 2019, elle vous donnera des clefs pour saisir ce qui se passe dans votre vie et une prise de conscience des cycles qui sont à l’œuvre.
En 2019, nous verrons trois grands cycles se conclure (Pluton/Saturne, Saturne/Jupiter, Pluton/Jupiter). Savoir finaliser les anciennes formes de constructions et tirer la sagesse des expériences est une clé de cette année. C’est sur l’humus du passé que le futur prend racine. Nous devrons adapter nos projets de développement aux mutations mondiales (Neptune/Jupiter et Uranus/Jupiter). Il s’agit de prendre en compte l’instabilité du monde dans la gestion de nos réalisations. Saturne en Capricorne nous demande de réfléchir à l’ensemble de nos organisations et de revenir à l’essentiel. Uranus en Taureau va nous déstabiliser et nous inviter à innover dans la gestion matérielle et sur le plan de la vie affective.
Nous verrons éclore le fruit d’une gestation qui a lieu depuis 1993 (conjonction Neptune/Uranus). Il s’agit d’une vision politique, peut-être encore de l’ordre de l’utopie, mais qui pourrait nous amener à trouver un nouveau paradigme pour unifier l’idéal communautaire et la liberté individuelle, la collectivité et la créativité, le sentiment de communion et la vision du libre penseur. Cette poussée peut créer des tensions, des peurs et des conflits si nous restons figés dans les solutions du passé. Ce temps du semicarré croissant d’Uranus à Neptune permet une émergence, il s’agit pour chacun d’oser aller de l’avant sans certitude et de se laisser explorer de nouveaux chemins.
Nous verrons comment conclure les anciens cycles et réalisations, extraire la sagesse des expériences passées. De quelle manière réorienter nos projets face au changement du monde et nous organiser dans ce nouveau monde qui émerge afin de saisir l’impulsion du futur ?
Venez découvrir les enjeux de cette année 2019 pour pouvoir gérer vos décisions de vie en accord avec le rythme du cosmos.
Nous vous proposons donc de venir nous rejoindre le 30 novembre 2018 à 20h30 à la salle de conférences de la Maison du tourisme - 14, Rue de la république 38 000 GRENOBLE
Tarif10 € adhérents et 14 € non adhérents
Inscriptionspar mail à assoc.altair@gmail.com 
Sylvie Lafuente Sampietro présentera également cette conférence le 8 décembre 2018 à Paris.


dimanche 14 octobre 2018

Magnétisme : et la suite...



Nous avons passé une très agréable soirée jeudi dernier avec Régis Dannhauser. Il nous faisait découvrir le magnétisme.
Nous sommes sortis de la conférence pleins d'énergie et joyeux. L'air semblait plus léger et nous, plus tranquilles avec nous-mêmes.
J'étais venue intriguée par cette discipline qui semble mystérieuse : faut-il un don, pouvons-nous soigner nous aussi, nous soigner et comment intervient dans cette discipline la phrase de Régis Dannhauser qui introduisait sa conférence : Le magnétisme, outil de guérison par la connaissance de soi ?
Le magnétisme est une aptitude que nous possédons à transmettre l'énergie qui baigne l'univers.
Nous avons tous la possibilité de l'utiliser, elle est disponible pour nous tous. Régis Dannhauser nous en a fait faire l'expérience avec de petits exercices très simples, utilisant nos mains comme outils pour ressentir. Et nous avons tous eu des sensations diverses et plus ou moins intenses, mais bien présentes.
On peut l'utiliser comme outil de guérison de nos maux physiques mais aussi psychologiques. En comprenant l'origine de nos maladies d'origine émotionnelle, nous nous comprenons mieux et comprenons l'origine de nos émotions.
Nous devons être à l'écoute de nous-mêmes pour comprendre nos ressentis et savoir à quoi ils correspondent. Nous serons ainsi à même de détecter la réapparition des mêmes symptômes et de les faire disparaître petit à petit.
Grâce au magnétisme, nous pouvons prendre conscience de nos blocages, les comprendre pour ensuite les intégrer. 
Pour le magnétiseur, être dans la pleine conscience permet de valider le travail effectué. Et le soin qu'il prodigue passe par le corps, sans aucune intervention de la pensée. Le magnétiseur est le passeur de cette énergie qui peut nous guérir. 

Régis Dannhauser nous dit aussi que la pensée est créatrice. Se concentrer sur ce que nous voudrions voir arriver permet de se mettre dans les conditions qui le font advenir. Des exemples vécus nous en ont montré la pertinence. 
Il nous a bien rappelé son éthique dans la pratique du magnétisme et nous a dévoilé le secret de tout : l'amour. En travaillant dans l'amour, les choses évoluent harmonieusement et il n'est nullement besoin de violence, quelle qu'elle soit.
Il nous a également expliqué comment il pouvait intervenir sur des habitations pour remettre les énergies en ordre et débarrasser les habitants des problèmes qui pouvaient  les perturber.

Tout ceci nous a tellement intéressé qu'il nous a proposé de faire un atelier dans notre local pour découvrir un peu mieux cette énergie et sentir comment l'utiliser. Nous avons accepté la proposition avec enthousiasme et nous vous proposerons cet atelier sans doute en début 2019.




Tout au long de sa conférence, Régis Dannhauser nous a évoqué ses maîtres et inspirateurs pour sa pratique. Voici par exemple la présentation d'un livre que Régis Dannhauser nous a recommandé. Elle explique une partie de sa démarche.

"Magnétiser, c'est offrir aux autres une force vitale que le magnétiseur doit posséder, maîtriser et développer. Charly Samson indique comment utiliser les mains par les passes, les impositions, le toucher, comment utiliser le regard, le souffle et la voix, comment maîtriser et développer la force de la pensée et de la visualisation. L'auteur révèle et enseigne sa propre méthode : le sophromagnétisme. Au-delà du soulagement des maux psychiques et physiques, le sophromagnétisme permet de se servir des énergies pour s'épanouir et rayonner. Cet ouvrage est un élément essentiel et indispensable à tous ceux qui pratiquent le magnétisme ou désirent le pratiquer. Ils y trouveront un instrument de réussite pour eux-mêmes et pour autrui : suppression du trac, du stress, des angoisses, des états dépressifs, établissement ou rétablissement de la confiance en soi, imposer sa personnalité, développer son influence et son charisme, etc. Mieux vivre et réussir, être capable d'apporter une aide ponctuelle, de transformer les relations familiales, professionnelles et sociales par l'harmonie de l'esprit et du corps, tel est l'enseignement de la méthode de Charly Samson."




Enfin, nous remercions chaleureusement Régis Dannhauser qui nous a tous séduits par son humanité, sa présence et son ouverture. Et bien sûr par l'amour et la bienveillance qui ont accompagné cette soirée.

dimanche 7 octobre 2018

L'accueil de l'autre



Voici un très beau texte que j'ai découvert récemment et qui m'a impressionnée. Il dit tout de nos comportements avec ceux que nous appelons les autres, l'autre. Il nous parle de nous, en tant qu'individu mais aussi en tant que pays. 
Ce texte est la post-face d'un livre de Stéphane Chaumet "Au bonheur des voiles". Dans ce livre, il nous parle de la Syrie dans les années 2000, donc avant la guerre civile. Toutes les rencontres qu'il avait fait à cette époque montrait bien toutes les fractures de ce pays.



L'hôte

L'hôte. Celui qui est accueilli, celui qui accueille. L'autre.
L'autre qui est accueilli, l'autre qui accueille. L'hôte, le même.
L'autre qui est moi qui entre. L'autre qui est moi qui reçois.
J'ouvre ma porte pour entrer par la porte de l'autre.
Même si les hôtes ne se comprennent pas, même si de l'autre ils ne peuvent pas tout accepter.
Les hôtes ne se nient pas, n'ont pas d'inimitié l'un pour l'autre. Ils échangent.
Celui qui ferme sa porte par peur de l'autre enferme sa peur avec lui.
Celui qui enferme sa peur sur lui crée son ennemi.
La peur de l'autre qui te ronge est ton ennemi, ta peur t'a fait mettre le visage de l'autre sur ton ennemi. Alors, avec cette peur qui empêche pleinement ta vie, ton ennemi devient le mal.
L'autre n'est plus l'hôte, n'est plus le différent, l'autre est la peur, le refus, l'autre est l'ennemi, l'autre est le mal. Et si l'autre est le mal, c'est que je suis sinon le bien, le mieux. Et pour l'autre, un autre mal. Et la frontière devient fracture. 
L'autre ne peut être mon ennemi que lorsque je lui refuse ma porte et brise la sienne. Quand je ne vois plus l'autre en moi. Quand je refuse d'être l'hôte.



dimanche 30 septembre 2018

Une autre vie



J'ai déjà posté ici un poème de Borges sur la vieillesse. En voici un autre, qui m'a fait voyager et rêver, imaginer une vie plus légère et plus simple, où l'on n'est poursuivi par aucun dictat ni interdiction... Ce n'est qu'un rêve, un rêve qui passe et disparaît comme l'instant où je l'ai lu. Et les regrets que semblent évoquer la dernière phrase ne sont là que pour nous inciter à bouger.



Instants
Si je pouvais de nouveau vivre ma vie,
dans la prochaine je tâcherais de commettre plus d’erreurs.
Je ne chercherais pas à être aussi parfait, je me relaxerais plus.
Je serais plus bête que je ne l’ai été,
en fait je prendrais très peu de choses au sérieux.
Je mènerais une vie moins hygiénique.
Je courrais plus de risques,
je voyagerais plus,
je contemplerais plus de crépuscules,
j’escaladerais plus de montagnes, je nagerais dans plus de rivières.
J’irais dans plus de lieux où je ne suis jamais allé,
je mangerais plus de crèmes glacées et moins de fèves,
j’aurais plus de problèmes réels et moins d’imaginaires.
J’ai été, moi, l’une de ces personnes qui vivent sagement
et pleinement chaque minute de leur vie ;
bien sûr, j’ai eu des moments de joie.
Mais si je pouvais revenir en arrière, j’essaierais
de n’avoir que de bons moments.

Au cas où vous ne le sauriez pas, c’est de cela qu’est faite la vie,
seulement de moments ; ne laisse pas le présent t’échapper.
J’étais, moi, de ceux qui jamais
ne se déplacent sans un thermomètre,
un bol d’eau chaude,
un parapluie et un parachute ;
si je pouvais revivre ma vie, je voyagerais plus léger.
Si je pouvais revivre ma vie
je commencerais d’aller pieds nus au début
du printemps
et pieds nus je continuerais jusqu’au bout de l’automne.
Je ferais plus de tours de manège,
je contemplerais plus d’aurores,
et je jouerais avec plus d’enfants,
si j’avais encore une fois la vie devant moi.
Mais voyez-vous, j’ai 85 ans…
et je sais que je me meurs.
Jorge Luis Borges



     

Illustrations : Ito Jakuchu (ce peintre japonais du XVIIIe siècle est exposé cet automne au Petit Palais à Paris).

dimanche 23 septembre 2018

Magnétisme

Comme je vous l'avais annoncé, nous organisons le 11 octobre une conférence sur le magnétisme.
Notre intervenant sera Régis Dannhauser qui exerce dans les environs de Grenoble.
Nous sommes très intéressés par ce qu'il aura à nous dire et par le sujet qu'il va aborder.
En effet, le magnétisme utilise comme les médecines traditionnelles chinoises l'énergie vitale qui circule en nous et tout autour de nous. Le magnétisme est une connaissance ancestrale de cette énergie, utilisée souvent instinctivement. Nous pouvons nous aussi apprendre à la connaître, et découvrir comment ranimer en nous une énergie positive  lorsqu'elle est déséquilibrée ou circule mal. C'est donc à une connaissance de nous-mêmes qu'elle nous convie. 
Ce que nous propose Régis Dannhauser :



« Le Magnétisme, outil de guérison 

          par la connaissance de Soi »

 "Le magnétisme est avant tout une écoute de soi. 
Cette écoute m'ouvre à mon ressenti, à mes intuitions. Je découvre les énergies qui me traversent, mes émotions, celles des autres, leurs interactions dans ma Vie, comment agir consciemment au lieu de ré-agir, ce qui m'ouvre à mon plein épanouissement. "

Voici comment il se présente :

Régis Dannhauser est responsable technique, magnétiseur, co-fondateur de l'Association Magnétisme Energies (www.asso-ame.fr), en formation depuis 12 ans avec Marie-France O'Leary (www.art-nomade.org).



Si ce sujet vous questionne comme nous, nous vous convions à cette conférence le 11 octobre à 20h30  au Centre d'astrologie, 21, rue Expilly  38 000 Grenoble. 

Tarif : 8 € pour nos adhérents et 10 € pour les non adhérents

Vous pouvez vous inscrire par mail sur : assoc.altair@gmail.com


dimanche 16 septembre 2018

Réflexions cycliques

Tout est parti du titre de la conférence d'astrologie mondiale de Sylvie Lafuente Sampietro pour 2018 qui m'est revenue en mémoire lorsque nous avons préparé la conférence pour 2019.
Ce titre, le voici : "Lâcher prise au passé pour construire l'avenir." C'était le défi de l'humanité pour cette année 2018. 




Comment interpréter le lâcher prise au passé ? 
Sur psychologies.com, j'ai trouvé des éléments sur le lâcher prise individuel. Ces mots peuvent très bien s'adapter à l'humanité pour peu qu'on les entende bien : d'ailleurs, Sylvie Lafuente passe souvent dans ses conférences des défis pour l'humanité à ce qui nous attend individuellement. 
"Au commencement de toute "prise" se trouve l’ego, une conviction, un ressenti dont tout découle. Moi, Pierre ou Paul, j’existe indépendamment du tout, séparé, seul face à l’autre...
Le lâcher-prise ne sous-entend en rien une négation de l’individualité. Pierre reste Pierre, Paul demeure Paul. Simplement, la partie se reconnaît comme expression du tout, la vague se sait forme du grand océan et, du même coup, reconnaît les autres vagues comme autant d’expressions de ce qu’elle-même est au plus profond. Par un apparent paradoxe, l’autre à la fois disparaît – nul ne peut plus m’être essentiellement étranger – et se trouve comme jamais reconnu dans sa différence existentielle. Le moi séparé cesse d’être l’étalon, la mesure de toute chose. Il n’y a plus de moi pour exiger de l’autre qu’il se conforme à mes critères. Le lâcher-prise se produit dès lors que le moi accepte de l’autre, de tout autre, qu’il soit autre."




Et quel intérêt de ressasser le passé ?
"Quoi que mon mental prétende, je me trouve là où sont mes pieds. Si je pense au passé ou au futur, c’est toujours maintenant. Passé, futur, ailleurs n’existent qu’en tant que pensées surgissant ici et maintenant.
Cette pratique n’exclut en rien l’aptitude à prévoir, à organiser ni ne nous dispense de nos responsabilités. L’attitude d’ouverture inconditionnelle à l’instant ne conduit nullement à baisser les bras, à tolérer l’intolérable. Le lâcher-prise, dans l’immédiateté, est totalement compatible avec l’action dans la durée. Le lâcher-prise n’est pas se résigner mais être conscient de ses limites...
 Lâcher prise, c’est aussi cesser d’aborder l’existence avec une mentalité d’"assuré tous risques". Quelle que puisse être la prétention du moi à contrôler l’avenir, la vie n’est pas une mutuelle et n’offre aucune garantie. " Gilles Farcet dans Psychologies.com




Nous voici donc, nous les hommes,  à un moment où nous devons accepter que l'autre  est autre et que nous ne pouvons exiger de lui qu'il se conforme à nos critères. Et pour construire l'avenir, nous ne devons pas ressasser le passé, mais être conscients de nos limites en sachant que nous ne pouvons contrôler l'avenir. Et donc que nous n'avons aucune garantie de sécurité pour les années à venir.
Ces thématiques sont très présentes dans notre monde aujourd'hui : reconnaître l'autre, passer d'un ancien monde vers un nouveau, préparer l'avenir sans pouvoir donner de certitudes... 
Le programme est donc chargé pour l'humanité ! Aussi ne suis-je pas étonnée que le programme pour 2019 ressemble à celui de 2018 : "Conclure le passé et impulser le futur.".
Cependant, nous sommes à la fin de trois cycles très importants au niveau mondial. 2019 sera l'occasion de les conclure en en tirant les leçons. Il est très important de laisser les cycles, les projets, les histoires, se conclure. Comment pouvons-nous avancer si nous ne tirons pas les enseignements de ce que nous avons vécu ?
Puis en 2020, les nouveaux cycles prendront leur forme petit à petit, nous aurons eu le temps de nous y préparer en 2018 et 2019. L'impulsion nouvelle pourra alors être donnée. Cette possibilité de renouveau s'appliquera particulièrement à l'Europe.
« Acceptez la vie comme elle vient. La voie la plus sûre pour découvrir la vérité est de ne plus résister à ce qui se présente. » Jean Klein

Et pour terminer en poésie, un haïku de Bashô:


Ce chemin -
Seule la pénombre d'automne
L'emprunte encore.



Les oeuvres de Zao Wou-ki illustrent cet article

Ce texte est une interprétation personnelle et libre des enjeux de l'astrologie mondiale à partir du titre de la conférence de Sylvie Lafuente Sampietro. Je vous indiquerai bientôt ici la vision de Sylvie Lafuente Sampietro.

dimanche 9 septembre 2018

Chacun fait sa part

Chacun participe à une oeuvre plus grande que lui. On peut ne rien voir, ne pas vouloir le voir et se sentir accablé ou tout simplement être fier d'y participer.
Quelle valeur attribuons-nous à notre travail ? Devons-nous accepter notre vie telle une mission qui nous serait attribuée ?
Voici un conte pour illustrer ceci, raconté par Henri Gougaud mais il est en général attribué à Charles Péguy. 



Les trois casseurs de cailloux.

     Un pèlerin, un soir d'été, parvint sur un chantier de ville peuplé d'ouvriers poussiéreux occupés à mille besognes de bois lourd, de forges sonnantes, de meules et de pierres taillées. Il fit halte au bord de la route où des hommes au torse luisant fracassaient à grands coups de masse, ça et là, des quartiers de rocs. L'un d'eux semblait exténué.
_ Dur labeur, dit le pèlerin.
_ Épuisant, lui répondit l'autre, abrutissant et sans espoir. De l'aube au soir, casser des pierres, est-ce une vie ? Non, c'est l'enfer. Vivement la mort, que je dorme !
     Un compagnon, à quelques pas, essuya son front ruisselant. Le pèlerin lui vint devant.
_ Votre misère me fait peine, lui dit-il. Je m'en souviendrai. Sur le tombeau du bon saint Jacques je prierai pour vous, c'est promis.
     Le gars désigna l'épuisé.
_ Priez surtout pour ce pauvre homme. Moi, grâce à Dieu, je tiens le coup. C'est que j'ai trois enfants petits et une femme qui s'escrime à les élever comme il faut. J'ai besoin de forces. Ils m'en donnent. Si je trime ainsi, c'est pour eux.
     A l'écart parmi les cailloux, les geignements, les coups de masse, naquit soudain une chanson.
_ Voilà le fou qui se réveille, dit le jeune père, en riant.
     Le pèlerin tourna la tête et découvrit un grand luron apparemment infatigable. Il cognait d'un cœur si vaillant qu'il faisait voler des éclats jusque dans ses cheveux frisés.
_ Quel entrain ! dit le pèlerin. Il me semble pourtant malingre. Où puise-t-il donc sa vigueur ?
_ Je n'en sais rien, répondit l'autre. Allez lui poser la question.
     Dix pas plus loin :
_ Holà, bonhomme, calme-toi, tu vas t'effondrer !
_ Je sais bien ce que vous pensez, répondit le joyeux gaillard. Que je suis idiot.Peu m'importe. Je casse des cailloux, c'est vrai. C'est fatigant. C'est mal payé. Mais ma force est là, dans l'étoile que je me suis plantée au front. Je ne suis pas un simple esclave.
     Et cognant son torse du poing :
_ Je bâtis une ville, moi !


dimanche 2 septembre 2018

Création

"J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges."nous dit Rimbaud dans Une saison en enfer.




Cette question de la création est passionnante. D'où provient-elle ? Comment la susciter ?
J'ai retrouvé des paroles de Fabienne Verdier. Elle fut élève des maîtres chinois dans l'art de la calligraphie pendant dix ans, elle a depuis trouvé sa voie personnelle. Son cheminement mérite d'être suivi. Même si cette alchimie de la création des œuvres ne peut être expliquée, nous pouvons au moins écouter ce que les créateurs ont à nous dire pour expliquer le processus qui les conduit vers l'expression de l'inexprimable !




Le maître chinois de Fabienne Verdier lui a donné ces conseils :

"Recherche sans cesse et sans répit le singulier, l'insolite, détruis les frontières ou catégories esthétiques forgées par nos cultures et n'aie pas peur de paraître parfois folle ou excentrique. il s'agit de retrouver les mille et une manifestations de la nature des choses...
Il faut apprendre, puis oublier ce qu'on a appris, retrouver le naturel jusqu'à parvenir à créer sans effort. Cela paraît simple mais, en fait, il est très difficile de retrouver sa véritable nature (...), les modes nous façonnent à notre insu.
Nourris ton esprit, pas seulement de connaissances livresques comme tant de gens, mais de la réalité qui t'entoure, de tes songes aussi - entraîne-toi à rêver...
La plus haute qualité de l'esprit est de produire des intuitions. Arrête de cogiter, d'essayer de comprendre : oublie, oublie, et ton esprit comprendra "subitement" pour toi.
(...) La rythme est capital en musique mais aussi dans les autres arts, comme l'art de vivre. Sans rythme, il n'y a pas d'art." Fabienne Verdier rapportant les paroles de son maître chinois




Elle-même tente de nous expliquer son cheminement vers l'élaboration de son oeuvre :
"Comment saisir l'insaisissable ? Comment traduire l'intraduisible ? Entre les théories et l'éveil réel aux mystères du vivant, l'apprentissage est si long qu'on a peine à y croire.

Il devenait nécessaire d'oublier le temps, de s'oublier soi-même ainsi que toutes pensées, opinions et cultures acquises. Le non-être apparent touche en quelque sorte à l'illimité de l'être. L'esprit libre devient alors fluide et mobile.
Au gré du souffle du pinceau je vais donc m'attacher à explorer le mystère végétal, le génie propre à chaque être : la pudeur discrète d'un brin d'herbe.
Goûter à l'émerveillement de ce qui est, de ce qui devient, comprendre les forces qui façonnent...
Au fond, la peinture comme la calligraphie est une pratique solitaire, un don de soi, un chemin assez semblable à celui des moines, qui résulte souvent d'une ascèse et de silence.
Je m'intéresse à l'insaisissable, l'inexprimable, l'indicible, à l'essence de la réalité dans toutes ses manifestations."
Fabienne Verdier





Cette voie solitaire ressemble effectivement beaucoup  à celle des hommes en quête de spiritualité et d'abandon de soi pour retrouver l'essence de l'univers. Fabienne Verdier tente de restituer  grâce au rythme de sa peinture le souffle de l'univers. 
Sur ce sujet, elle confie (à Aliette Armel dans la revue Ultreïa): 
"J'ai trouvé chez Gilles Deleuze une phrase qui évoque le point où j'en suis aujourd'hui : "En art, et en peinture comme en musique il ne s'agit pas de reproduire ou d'inventer des formes, mais de capter des forces.(...) La célèbre formule de Klee "non pas rendre le visible, mais rendre visible" ne signifie pas autre chose. La tâche de la peinture est définie comme la tentative de rendre visibles des forces qui ne le sont pas."