dimanche 19 août 2018

Été sans fin ?



Non, l'été n'est pas sans fin, l'automne va arriver et nous pourrons reprendre le fil de nos découvertes. Nous vous préparons un beau programme dont vous aurez la primeur la semaine prochaine.
Nous espérons que l'été fut pour vous l'occasion de nouvelles aventures et découvertes.
Pour moi ce fut un été  très  chaud... Avec de beaux moments près de la nature, ou même à Paris, des moments plus difficiles à gérer lorsqu'en revenant chez moi, j'ai trouvé la maison devalisée. Mais aussi des moments de patience quand la canicule me maintenait enfermée les après-midi. Ce sont aussi de beaux moments de lecture et de découverte. Le bonheur de la lecture est splendide : j'y trouve toujours des occasions de mettre mon humeur au diapason du livre en cours. Un été  plein de surprises, et de belles rencontres.




Pour rester près de la nature, je vous propose d'écouter encore une fois la voix de l'herbe et des forêts grâce à Jacques Lacarrière :

"Je voudrais dire le pollen du monde, le plaisir de butiner chaque jour  des sucs et des parfums nouveaux, de se tapir sans devoir la moindre prière dans le Saint des saints des corolles pour écouter le "qu'en dira-t-on" des buissons. 
Celui qui ne sait quitter sa maison, celui-là sera condamné à la réclusion des enclos. A l'indécouverte des seuils et des chemins. A l'ignorance des vents. A l'absence des sillages."




Il est bon aussi de se retrouver après les chemins de l'été !

dimanche 8 juillet 2018

Bel été

Une pause pour prendre un autre rythme, partir, revenir, renouveler ses idées et ouvrir de nouvelles portes... Et voir ce qui vient avec la chaleur et le temps des vacances.




Pour se retrouver en septembre, peut-être avant, et reprendre le fil de nos découvertes et de la recherche des mots qui nous parlent.

Nous aurons cet automne un programme qui nous invitera au-delà des mots à nous retrouver pour partager ces beaux moments que nous aimons programmer à votre intention, et que nous sommes aussi heureux de vivre.




Pour partir explorer la nature, voici des mots qui nous parlent des plantes, les plantes qui peuvent nous inspirer des leçons de vie.

"Les plantes voyagent. les herbes surtout. Elles se déplacent en silence à la façon des vents. On ne peut rien contre le vent." Gilles Clément)

"Savez-vous que les arbres parlent entre eux, et ils vous parleront si vous savez les écouter. Mais les Blancs n'écoutent déjà pas les indiens..." (Chef Tatanka Mani)




"Aimer un Papou, un enfant ou son voisin, rien que de très facile ! Mais une éponge! Un lichen ! Une de ces petites plantes que le vent malmène ! Voilà l'ardu : éprouver une infinie tendresse pour la fourmi qui restaure sa cité." (Sylvian Tesson -  Dans les forêts de Sibérie)



Je vous souhaite un bel été !

dimanche 1 juillet 2018

Le serpent et l'oiseau

Voici une légende, la légende de la création du Wu-Tang-Pai, le style de la main souple, qui deviendra le Tai Chi Chuan, art martial chinois que je pratique depuis quelques années Je me devais de vous livrer cette légende avant de nous séparer pour l'été.




Chang San Fong, le Maître des trois Pics, avait une haute stature, un corps élancé et une constitution robuste  qui lui donnaient un air redoutable. Son visage, à la fois rond et carré, était orné d'une barbe hérissée comme une forêt de hallebardes. Un chignon épais trônait au sommet de son crâne. Si son allure était impressionnante, son regard exprimait cependant une douce tranquillité, avec une lueur de bonté.
Il portait été comme hiver la même tunique fabriquée dans une seule pièce de bambous  tressés et il tenait le plus souvent un chasse-mouches fait d'une crinière de cheval.
Assoiffé de connaissance, il passa la plus grande partie de sa vie à pérégriner sur les pentes des monts Sen-Tchouan, Chansi et Houe-Pe. Il visita aussi les hauts-lieux du taoïsme, allant d'un monastère à l'autre, séjournant dans des sanctuaires et des temples que les pentes escarpées de la montagne rendaient difficilement accessibles. Il fut très tôt initié par les Maîtres Taoïstes à la pratique de la méditation. Partout où il passait il étudiait les livres sacrés et il interrogeait sans relâche sur les mystères de l'Univers.












Un jour, alors qu'il méditait déjà en silence depuis des heures, il entendit un chant merveilleux, surnaturel... Observant autour de lui, il aperçut sur la branche d'un arbre un oiseau qui fixait attentivement le sol. Au pied de l'arbre un serpent dressait sa tête vers le ciel. Les regards de l'oiseau et du reptile se rencontraient, s'affrontaient... Soudain, l'oiseau fondit sur le serpent en poussant des cris perçants et entreprit de l'attaquer avec de furieux coups de patte et de bec. Le serpent, ondulant et fluide, esquiva habilement de violentes attaques de son agresseur. Ce dernier, épuisé par ses efforts inefficaces, regagna sa branche pour reprendre des forces. Puis il repartit à l'assaut. Le serpent continua sa danse circulaire qui se mua peu à peu en une spirale d'énergie bouillonnante, insaisissable.





La légende nous dit que Chang San Fong s'inspira de cette vision pour fonder le Wu-Tang-Pai, le style de la "main souple", qui, façonné par des générations de taoïstes, devint le Taï Chi Chuan. C'est pourquoi les mouvements du Taï-Chi n'ont ni début ni fin. Ils se déroulent souplement comme le fil d'un cocon et ils s'écoulent sans interruption comme le fleuve Yang-Tsé. (légende tirée des Contes et légendes des arts martiaux de Chine et du Japon).



dimanche 24 juin 2018

Expérience intérieure

Une expérience intérieure magnifique décrite par Jean de la Croix, expérience qui l'a mené de l'obscurité à la lumière. Un très beau poème sur l'abandon à cette lumière qui jaillit soudain de l'obscurité et de la peur.





"Chansons de l'âme
qui se réjouit d'avoir atteint
le haut état de perfection,
qui est l'union avec Dieu,
par le chemin de la négation spirituelle

Dans une nuit obscure
par un désir d'amour tout embrasée
oh joyeuse aventure
dehors je me suis glissée
quand ma maison fut enfin apaisée

Dans cette nuit de joie
secrètement car nul ne me voyait
ni mes yeux rien qui soit
sans lumière j'allais
autre que celle en mon cœur qui brûlait

Et elle me guidait
plus sûr que la lumière de midi
au lieu où m'attendait
moi je savais bien qui
en un pays où nul ne paraissait



Oh nuit qui as conduit
nuit plus aimable que l'aube levée
oh nuit qui as uni
l'ami avec l'aimée
l'aimée en ami même transformée

Contre mon sein fleuri
qui tout entier pour lui seul se gardait
il resta endormi
moi je le caressais
de l'éventail de cèdres l'air venait

Du haut du créneau l'air 
quand sous mes doigts ses cheveux s'écartaient
avec sa main légère
à mon cou me blessait
et chacun de mes sens me ravissait

En paix je m'oubliai,
j'inclinai le visage sur l'ami
tout cessa je cédai
délaissant mon souci
entre les fleurs des lis parmi l'oubli."




dimanche 17 juin 2018

Serendipité


Voici un mot un peu incongru et qui m'a interpellée. je l'avais déjà croisé lors d'une ou deux lectures et je l'ai retrouvé à plusieurs reprises dans un livre très intéressant sorti récemment : Savoir, penser, rêver, dans lequel des scientifiques nous racontent leur parcours et ce qui fait leur passion pour leurs recherches.




Je reprends le passage écrit par Hubert Reeves sur le sujet :
"Un conte persan, Voyages et aventures des trois princes  de Serendip, narre les exploits de trois frères, dont la force est de toujours tirer parti des circonstances et des événements hasardeux qui les détournent de leur mission. La science, amatrice d'histoires extraordinaires, en a fait une vertu : la serendipité, aptitude à faire "par hasard", lors d'une recherche, une découverte inattendue."
"Les exemples de serendipité ne manquent pas dans l'histoire des sciences. Tout le monde connait la découverte de la pénicilline par Alexander Fleming ou celle du four à micro-ondes par des militaires d'un laboratoire britannique. Le premier ouvrit de grands yeux  en désinfectant ses boîtes de Pétri accidentellement contaminées.  Les seconds, qui travaillaient sur un appareil capable, à l'aide d'ondes ultra-courtes, de détecter les appareils en vol, furent surpris de constater qu'ils se brûlaient les doigts quand ils touchaient les parties en bois de l'appareil, et non ses parties métalliques_ la raison en est simple : sous l'effet desdites ondes, les molécules d'eau qu'on trouve dans le bois (ou dans la nourriture) vibrent et produisent de la chaleur.
L'invention du velcro est un autre merveilleux exemple de serendipité : l'idée est venue à un ingénieur suisse qui eut le "malheur", un jour, de rentrer chez lui avec plein de petits fruits de bardane accrochés à ses vêtements..."
En fait, nous sommes tous concernés par la serendipité : nous cherchons quelque chose sur Internet, on navigue de lien en lien, et bientôt on trouve ce qu'on ne cherchait pas et qui s'avère plus intéressant que ce qu'on cherchait.




Mais que raconte le conte persan à l'origine de ce nom ?
"Giafer, philosophe-roi de Serendip, ancien nom de l'île de Ceylan, avait trois fils. Pour parfaire leur éducation, il les envoie explorer le monde. Sur les terres de l'empereur Behram, ils rencontrent un chamelier qui leur demande si, par hasard, ils n'ont pas vu un de ses chameaux égarés. "N'est-il pas borgne et boîteux ? Ne lui manque-t-il pas une dent ? Ne transporte -t-il pas d'un côté du miel et de l'autre du beurre ? ". Le chamelier est abasourdi. En réalité, les princes n'ont pas vu la bête, mais interprété avec subtilité certains indices et par raisonnement , conclu que le chameau était le chameau recherché ; l'herbe était rongée d'un seul côté du sentier, des bouchées à demi-mâchées, de la largeur d'une dent, jonchaient le sol , des fourmis, aimant le gras, s'étaient agglutinées sur le bord droit de la route, alors que, sur le côté gauche, voletaient des mouches, amatrices de miel...
Ce conte oriental a été traduit du persan en français, par le chevalier de Mailly en 1719. 
Mais ce n'est pas la véritable origine de ce terme, dont on trouve plusieurs variantes dans des traditions diverses et même dans le Zadig de Voltaire.Le mot serendipité a été créé en 1754 par l'écrivain anglais Horace Walpole, dans une lettre à un lointain cousin. Il y fait référence aux princes de Serendip, et utilise le terme de "serendipity" pour désigner la faculté de "découvrir par hasard et sagacité, des choses qu'on ne cherchait pas."



Pour compliquer encore un peu, le terme ne se limite pas aux cas de découvertes accidentelles. La découverte implique "l'art de l'interprétation des traces et des signes", la synergie entre humanités, arts et sciences, la disponibilité de l'esprit à accueillir ce qui le surprend et le déroute. Ce que nous pouvons tous cultiver en étant ouverts et positifs.
Voilà qui nous entraîne bien loin, mais l'étrangeté de ce mot ne nécessite-t-elle pas quelques recherches ?





samedi 9 juin 2018

La vie heureuse



Aujourd'hui, nous partons avec Sénèque le stoïcien à la découverte de la vie heureuse. Ou plutôt une petite partie de la vie heureuse, puisque je ne cite ici que le tout début du livre où Sénèque nous invite à ne point suivre le troupeau et à nous diriger vers le but de notre désir personnel tout en étant lucides sur ce qui peut arriver que nous devons apprendre à accepter. 
Voilà un texte passionnant car il nous interroge sur les problèmes actuels que sont le changement du monde, l'accomplissement personnel, la pleine conscience et bien sûr le bonheur. 




"Tout le monde veut une vie heureuse, mais lorsqu'il s'agit de voir clairement ce qui la rend telle, c'est le plein brouillard. Aussi n'est-ce point facile d'atteindre la vie heureuse. On s'en éloigne d'autant plus qu'on s'y porte avec plus d'ardeur, quand on s'est trompé de chemin. Que celui-ci nous conduise en sens contraire et notre élan même augmente avec la distance.
Il faut donc tout d'abord bien poser ce qu'est l'objet de notre désir, puis examiner avec soin comment nous pourrions nous diriger le plus rapidement vers lui. Si la voie est droite, nous nous rendons compte pendant le voyage-même, des progrès faits chaque jour et de notre approche d'un but vers lequel nous pousse notre désir naturel. Aussi longtemps que nous errons ça et là sans guide, obéissant à des cris discordants d'hommes qui nous appellent en des sens opposés, nous usons une vie que nos égarements rendent brève, même si nous travaillons de jour et de nuit à cultiver le bien. Aussi, déterminons le but où nous tendons et la voie par où nous diriger.
Ne le faisons pas sans un homme expérimenté qui connaisse bien le chemin dans lequel nous avançons. A la vérité, la situation n'est pas ici la même que dans les autres voyages. 
Ailleurs, il y a une route connue, on interroge les habitants, ils ne nous laissent pas nous égarer. mais ici, la voie la mieux frayée, la plus fréquentée est aussi la plus trompeuse.




C'est pourquoi la chose à faire en tout premier lieu est de ne pas suivre à la façon du bétail le troupeau des gens qui nous précèdent. Ce serait alors s'acheminer non où il faut aller mais où va la multitude.  Du reste, rien ne nous engage dans de plus grands maux que de nous conformer à la voix publique, en poussant le mieux comme lié à l'assentiment du grand nombre, si bien que nous vivons, par suite des multiples exemples qui se présentent à nous, non point selon la raison, mais selon l'image d'autrui. De là résulte cet amoncellement considérable de gens qui s'écroulent les uns sur les autres." 




En conclusion, et en forme de clin d’œil  pour les amateurs d'astrologie et les autres, je dirais que notre thème natal peut être ce guide qui nous aide à suivre notre chemin personnel et qu'après avoir construit notre personnalité sous le regard de Saturne, nous pouvons nous faire un allié d'Uranus pour trouver notre façon originale d'exister dans le monde. L'astrologie nous évitera de nous égarer ou de retomber sans cesse dans les mêmes impasses au cours de notre vie, ou de nous faire dévorer par le loup comme la chèvre de Monsieur Seguin, illustrée ici.



Illustrations : La chèvre de Monsieur Seguin de François Place

dimanche 3 juin 2018

Le temps... au Japon



Nous voici encore une fois au Japon, j'ai découvert en effet un très beau texte de Christian Bobin qu'il a écrit en préface à un livre de Yoko Orimo sur l'art et la spiritualité au Japon. Je ne résiste pas à vous le présenter sans attendre. Je quitterai ensuite le Japon pour quelque temps, je vous le promets...




"Le Japon est un pays ni ancien, ni moderne. Ce n'est pas un pays, mais une façon paradoxale d'apprivoiser le tigre de l'éternel en tirant ses moustaches éphémères. 
Moi, petit occidental, nouveau-né de 67 ans, je sais que les fleurs sont les temples du monde, avec leur cœur vide et la pâleur qui les change à l'automne en fantômes. Je ne sais pas d'où je le sais. Je retrouve cette illumination dans les éternuements de maître Dogen ou, non séparable, dans l'ascétique recherche de Yoko Orimo. 
La métaphysique des bébés est la seule qui ne trahisse ni la terre, ni le ciel. Elle les tripote, les agglomère entre ses fins doigts roses. L'ombre et la lumière sont sœurs jumelles. Le réel et l'irréel sont comme la fleur et la couleur de la fleur. Nos métaphysiques occidentales n'ont d'autre origine que celle d'une avidité, elle-même issue d'une angoisse infernale, d'un manque de confiance envers le vent sur les brins d'herbe. L'Occident exsangue, au bord de se dévorer lui-même, s'en va depuis quelque temps voler aux Orientaux ce qu'il croit être leur "sagesse". Dans ce pillage, il le dénature, le change en cela seulement qu'il comprend : des techniques, des recettes, des savoirs. Mais la parole incompréhensible de maître Dogen est pure intelligence : elle ne saisit rien. Elle s'enroule autour de l'inconnu comme des liserons autour d'une barrière. 
Le verre éteint les yeux d'un mort, le feu sans flamme des yeux d'un nouveau-né_ on ne peut les fixer que quelques secondes. Ces quelques secondes sont celles qui font le printemps, l'été, l'automne, l'hiver, le vrai, le faux. Ce que nous mesurons, devant celui qui est toute rigidité comme devant celui qui est toute souplesse, c'est le principe de délicatesse en quoi se déploie toute la vie. Le mort n'est plus touché par le monde, le bébé ne l'est pas encore. Tous deux sont comme des fleurs qui n'ont pas de raison d'être, qui passent, qu'il convient d'honorer avec des paroles fraîches_ celles des poètes ou des prophètes." Christian Bobin




Pour terminer, deux citations, faisant écho au texte de Christian Bobin, l'une d'un poète japonais contemporain, Kawwaï Kanjiro à propos du temps, l'autre d'un poète indien Hannyatara Prajnatara :

"Voici le présent où s'est épanoui le passé et voici le présent plein de boutons pour l'avenir."

"Une fleur éclôt et le monde se lève."




dimanche 27 mai 2018

Bashô et le haïku

Rejoignons le monde des haïkus, avec Bashô, le maître japonais du XVIIe siècle et Leili Anvar pour les commenter. C'est un extrait d'un article du monde des religions, intitulé : L'art de contempler.



"Si le haïku est la forme poétique la plus célèbre et la plus célébrée de la littérature japonaise, elle est plus qu'une forme, mieux qu'un genre : une vision du monde. Comme la quintessence de l'idéal japonais : épure, juste équilibre entre rigueur intellectuelle et émotion, expression de la beauté dépouillée de tout ornement futile. Il se déploie , dan sa forme classique, sur dix-sept syllabes et doit contenir un kigo, c'est-à-dire un "mot de saison", qui peut être une référence plus ou moins allusive à la nature ou au cycle des saisons. Il instaure ainsi un rapport au temps qui conjoint l'instant et l'éternité."

Matinée de neige

seul
je me délecte à mâcher du saumon séché




"Bashô compose des récits de voyage émaillés de haïkus. On le voit traverser le pays et les saisons, se laisser pénétrer par les éléments, la beauté des paysages et des visages, des fleurs, des montagnes, des sources d'eau, des temples innombrables, de l'art de la calligraphie et de la peinture. Il intègre le monde par tous les sens, la vision, l'odorat, le toucher, l'ouïe et même le goût."


Passant la nuit au temple

mon visage véritable
contemple la lune




"Chaque haïku est une goutte de rosée suspendue à la branche d'un cerisier en fleurs. Gouttelette impalpable, elle reflète le ciel et la terre en un étincellement sans fin."Leili Anvar


Etincellent
les jeunes feuilles, les feuilles vertes
dans la lumière du soleil



A ce goutte à goutte de rosée
des souillures du monde
puissé-je me laver

"Dans ce qu'on voit, rien qui ne soit fleur, dans ce qu'on ressent, rien qui ne soit lune. Quand dans les formes on ignore la fleur, on est pareil à un barbare, quand dans le cœur, on ne ressent pas la lune on est de la même espèce que la bête, il faut retourner à la nature créatrice, s'accorder à la nature créatrice." Bashô

De temps en temps
les nuages nous reposent
de tant regarder la lune.

dimanche 20 mai 2018

Atelier pratique d'astrologie

Le 6 juin, nous vous proposons un atelier d'astrologie interactif au centre d'astrologie de Grenoble.
Il sera animé par Sylvie Lafuente Sampietro et nous permettra de découvrir le féminin en nous.
L'affiche ci-dessous vous donne toutes les indications sur cette soirée :



Ces ateliers sont vraiment l'occasion de découvrir, à travers ce que la société, l'histoire et la mythologie nous ont apporté, ce qui nous concerne personnellement et ce que nous pouvons vivre par nous-mêmes. Notre thème natal, que Sylvie Lafuente Sampietro nous aidera à décrypter sous l'angle de la féminité sera un outil très précieux pour comprendre notre singularité.
Tout en se découvrant soi-même, on découvre la diversité de nos approches individuelles, et une plus grande compréhension des comportements de notre entourage peut s'installer.
Je vous conseille donc vivement cet atelier, nous serons heureux de vous y accueillir.



Le 6 juin, de 19h15 à 22h15 au Centre d'astrologie, 1,rue Expilly   38 000 GRENOBLE





"C'est le féminin à l'égal du mâle que je chante. C'est la vie, incommensurable en passion, ressort et puissance. Pleine de joie, mise en oeuvre par des lois divines pour la plus libre action, c'est l'Homme moderne que je chante." Walt Whitman dans Feuilles d'herbe


dimanche 13 mai 2018

S'émerveiller



Cela commence par de l'étonnement. Tout dans ce monde est surprise et interrogation. S'étonner devant toutes les beautés de l'univers comme devant l'inexplicable :
"Le point le plus élevé que l'homme puisse atteindre est l'étonnement." Goethe

Il faut être attentif, car tout peut glisser sur nous sans que nous y prêtions attention et nous risquons de ne plus rien ressentir :
"La mesure de l'enchantement dépend de la plus ou moins grande attention que vous y mettez."Montaigne




Et s'émerveiller , surtout s'émerveiller, je ne m'en lasse pas :

"S'émerveiller devant la vie, s'émerveiller devant la mort, s'émerveiller devant toutes les naissances et la perpétuelle nouveauté; tout devient fil de soie pour tisser la trame d'une existence constamment émerveillée." Marie-Madeleine Davy




Ce n'est pas compliqué, il suffit souvent d'un sourire :

"Je coudoie chaque jour dans la rue ou dans le métro des centaines d'inconnus, et ce coudoiement n'est aucunement éprouvé comme rencontre : tous ces inconnus se présentent à nous au fond comme simples corps occupant une certaine place dans l'espace vital où nous avons à nous maintenir et à nous frayer une voie.
Il pourra d'ailleurs suffire de quelque chose qui, objectivement parlant, est un pur rien, pour que ce plan-là soit dépassé; par exemple, le ton sur lequel sera prononcée une phrase aussi simple que :"Je vous demande pardon", ou le sourire qui l'accompagne, et, aussitôt, jaillira une certaine clarté, qui n'a du reste rien de commun avec celle de l'intelligence, mais qui peut illuminer comme un éclair l'obscurité, c'est-à-dire au fond, avant tout, la solitude où nous avançons comme à tâtons." Gabriel Marcel


Et enfin garder cet étonnement, cet émerveillement jusqu'à la fin :
"Je voudrais arriver à la mort aussi frais qu'un bébé, et mourir avec cet étonnement des bébés qu'on sort de l'eau. L'émerveillement crée en nous un appel d'air. L'éternel s'y engouffre à la vitesse de la lumière dans un espace soudain vidé de tout." Christian Bobin

dimanche 6 mai 2018

Première rencontre


Quelques vers d'Emily Dickinson, lus dans un livre de Jean-Claude Ameisen et qui nous parlent de notre première rencontre avec l'autre, autrement dit notre mère :





"Que ma première connaissance soit de toi
Dans la lumière chaude du matin_
Et ma première crainte
Que l'Inconnu t'engloutisse dans la nuit_






Quand la seule chose que nous savons de l'amour
est que l'amour existe
et que cela nous suffit."



Illustrations de Myrrha. Nous exposons actuellement la série de ses oeuvres sur le zodiaque de Nephtys au local d'astrologie. Nous avons egalement en bibliothèque son très beau livre : Je te salue la vie.
Je vous rappelle que notre prochain après-midi d'accueil pour visiter l'exposition et nous rencontrer est prévu le 26 mai.


dimanche 29 avril 2018

Booz endormi



Booz endormi


Booz s'était couché de fatigue accablé ;
Il avait tout le jour travaillé dans son aire ;
Puis avait fait son lit à sa place ordinaire ;
Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé.

Ce vieillard possédait des champs de blés et d'orge ;
Il était, quoique riche, à la justice enclin ;
Il n'avait pas de fange en l'eau de son moulin ;
Il n'avait pas d'enfer dans le feu de sa forge.

Sa barbe était d'argent comme un ruisseau d'avril.
Sa gerbe n'était point avare ni haineuse ;
Quand il voyait passer quelque pauvre glaneuse :
- Laissez tomber exprès des épis, disait-il.

Cet homme marchait pur loin des sentiers obliques,
Vêtu de probité candide et de lin blanc ;
Et, toujours du côté des pauvres ruisselant,
Ses sacs de grains semblaient des fontaines publiques.

Booz était bon maître et fidèle parent ;
Il était généreux, quoiqu'il fût économe ;
Les femmes regardaient Booz plus qu'un jeune homme,
Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand.

Le vieillard, qui revient vers la source première,
Entre aux jours éternels et sort des jours changeants ;
Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,
Mais dans l'oeil du vieillard on voit de la lumière.

Donc, Booz dans la nuit dormait parmi les siens ;
Près des meules, qu'on eût prises pour des décombres,
Les moissonneurs couchés faisaient des groupes sombres ;
Et ceci se passait dans des temps très anciens.

Les tribus d'Israël avaient pour chef un juge ;
La terre, où l'homme errait sous la tente, inquiet
Des empreintes de pieds de géants qu'il voyait,
Etait mouillée encore et molle du déluge.

Comme dormait Jacob, comme dormait Judith,
Booz, les yeux fermés, gisait sous la feuillée ;
Or, la porte du ciel s'étant entre-bâillée
Au-dessus de sa tête, un songe en descendit.

Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne
Qui, sorti de son ventre, allait jusqu'au ciel bleu ;
Une race y montait comme une longue chaîne ;
Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu.

Et Booz murmurait avec la voix de l'âme :
" Comment se pourrait-il que de moi ceci vînt ?
Le chiffre de mes ans a passé quatre-vingt,
Et je n'ai pas de fils, et je n'ai plus de femme.

" Voilà longtemps que celle avec qui j'ai dormi,
O Seigneur ! a quitté ma couche pour la vôtre ;
Et nous sommes encor tout mêlés l'un à l'autre,
Elle à demi vivante et moi mort à demi.

" Une race naîtrait de moi ! Comment le croire ?
Comment se pourrait-il que j'eusse des enfants ?
Quand on est jeune, on a des matins triomphants ;
Le jour sort de la nuit comme d'une victoire ;

Mais vieux, on tremble ainsi qu'à l'hiver le bouleau ;
Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe,
Et je courbe, ô mon Dieu ! mon âme vers la tombe,
Comme un boeuf ayant soif penche son front vers l'eau. "

Ainsi parlait Booz dans le rêve et l'extase,
Tournant vers Dieu ses yeux par le sommeil noyés ;
Le cèdre ne sent pas une rose à sa base,
Et lui ne sentait pas une femme à ses pieds.

Pendant qu'il sommeillait, Ruth, une moabite,
S'était couchée aux pieds de Booz, le sein nu,
Espérant on ne sait quel rayon inconnu,
Quand viendrait du réveil la lumière subite.

Booz ne savait point qu'une femme était là,
Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle.
Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle ;
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.

L'ombre était nuptiale, auguste et solennelle ;
Les anges y volaient sans doute obscurément,
Car on voyait passer dans la nuit, par moment,
Quelque chose de bleu qui paraissait une aile.

La respiration de Booz qui dormait
Se mêlait au bruit sourd des ruisseaux sur la mousse.
On était dans le mois où la nature est douce,
Les collines ayant des lys sur leur sommet.

Ruth songeait et Booz dormait ; l'herbe était noire ;
Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;
Une immense bonté tombait du firmament ;
C'était l'heure tranquille où les lions vont boire.

Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth ;
Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre
Brillait à l'occident, et Ruth se demandait,

Immobile, ouvrant l'oeil à moitié sous ses voiles,
Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été,
Avait, en s'en allant, négligemment jeté
Cette faucille d'or dans le champ des étoiles.

Victor Hugo (La légende des siècles)


dimanche 22 avril 2018

Un conte et sa leçon

Une histoire d'origine chinoise racontée par Alexandre Jodorowsky. Dans "La sagesse des contes", il nous présente le conte suivi de la leçon que l'on peut en tirer. C'est souvent utile et parfois je ne tire pas la même leçon que lui mais ici, c'est assez simple à comprendre. Je vous livre néanmoins le conte et sa morale !



Le jeune peintre

"Un jeune homme, voulant devenir artiste peintre, vient trouver un grand maître. Celui-ci lui demande de peindre et d'apporter son tableau. Lorsqu'il l'a terminé, le jeune homme le montre au vieux, qui lui dit :
"Qu'en penses-tu ? As-tu réussi ton oeuvre ?
_ J'attends que vous me le disiez, répond le garçon, pas très sûr de lui.
_ Tu n'y es pas encore arrivé !"
Tristement, le garçon retourne dans sa chambre et commence un autre tableau. Lorsqu'il le termine, il revient voir le vieux.
"Qu'en penses-tu ? As-tu réussi ton oeuvre ?
_ J'attends que vous me le disiez.
_ Tu n'y es pas encore arrivé !"
La même scène se répète ainsi pendant plusieurs années. Un jour, enfin, l'élève a la sentiment d'avoir réalisé une peinture qui a de la valeur. Satisfait, il la porte à son maître. Celui-ci l'examine attentivement, puis comme toujours, il lui demande :
"Qu'en penses-tu ? As-tu réussi ton oeuvre ?
_ Cette fois, je crois que je l'ai réussie, mais j'attends que vous me le disiez.
_ Je dois y réfléchir, étudier ton tableau. Reviens demain."
Tout heureux, le jeune peintre va au café où se réunissent les autres élèves et commente avec chacun les qualités de son oeuvre. L'un d'eux lui dit :
"Je ne vois pas pourquoi tu es tellement content de toi. Je viens de parler avec le vieux et il n'a pas cessé de critiquer ton tableau. D'après lui, il n'a aucune valeur."
Le peintre, furieux, court à la maison du maître et, le voyant, il lui crie :
"Comment pouvez-vous parler ainsi de mon tableau ? C'est injuste : je suis sûr que vous savez qu'il est réussi, c'est une oeuvre d'art ! Je n'admets pas que vous le démolissiez ! Je n'admets pas que vous disiez du mal d'un tableau que j'aime !"
Le vieux sourit et lui répond :
"Enfin, tu y es arrivé !"




Lorsque, dans une lecture du Tarot, une personne me demande :
"Est-ce que j'aime cette personne ?" je lui réponds : "Comment peux-tu demander à des bouts de carton imprimé de te dire si tu aimes ou non ? Si tu aimais vraiment, l'univers entier aurait beau te dire que c'est faux, tu ne cesserais pas pour autant d'éprouver ce sentiment ! Si tu n'en n'as pas l'intime certitude, ton amour n'est pas véritable !"
Tant que le jeune peintre se préoccupe de ce que l'autre pense de son oeuvre, il ne croit pas en lui-même. Il n'a pas de certitude... Il s'agit de vaincre le grand juge implacable que la famille, la société et la culture nous ont implanté dans le cerveau. Plus important que le jugement des autres, il y a le jugement que nous portons sur nous-mêmes. Qu'importe qu'on nous dise que ce que nous faisons est mauvais, ce qui importe, c'est que nous aimions notre oeuvre ! La plus grande oeuvre d'art consiste à développer notre âme. Et pour cela, nous devons apprendre à nous aimer.



dimanche 15 avril 2018

Tagore et Mâ

Partons pour l'Inde avec Rabindranath Tagore. J'ai été séduite par sa voix et par la lumière de ses mots. Ce poème-ci en particulier nous parle si bien de notre condition d'humains chercheurs de sens. Tout est là et rien n'est perdu, c'est magnifique.



"Ce jeu qui est le tien 
C'est de nous balancer
Au rythme d'une mélodie silencieuse
De nous balancer sur ta balançoire.
Tu nous fais monter jusqu'à la lumière
Et brusquement tu nous précipites
Au fond des ténèbres.
Quand la balançoire remonte
Ce sont des rires joyeux.
Quand elle redescend,
ce sont des cris de peur.
Ce trésor qui est le tien
Tu le fais passer de ta main droite
à ta main  gauche
Et encore et encore.
Assis dans la solitude
Tu rassembles les soleils et les lunes
Et tu les fais tourner sans cesse
Tu les dévoiles et ils sont nus
Puis tu les habilles d'un voile
qui nous les cache.
Croyant que les trésors
de notre cœur
nous ont été arrachés
nous pleurons des larmes inutiles.
Mais tout est plein et complet
Rien n'a été perdu.
Il n'y a que la balançoire
Sans cesse, qui va et qui vient."
Rabindranath Tagore




Continuons avec l'Inde et cette grande figure qu'est Mâ. Une autre manière de nous dire que tout est en nous.
"L'appeler à grands cris n'est jamais vain et il faut continuer à prier tant que vous n'avez reçu aucune réponse. Ce n'est que le Soi qui s'appelle lui-même, et nul autre que le Soi ne se réalise Lui-même. Une prière incessante permet de trouver celui qui est la totalité (akhanda)."
Mâ Ananda Moyî



Terminons avec Rabindranath Tagore, et cette phrase que je trouve splendide, elle nous donne une clé, la clé de la joie :
"Je dormais et je rêvais que la vie n'était que joie. Je m'éveillai et je vis que la vie n'est que service. Je servis et je compris que le service est joie." Rabindranath Tagore

dimanche 8 avril 2018

Programme du trimestre

Comme chaque trimestre,  l'association Altaïr vous propose des activités que nous avons plaisir à vous présenter.
Ce trimestre, nous avons prévu une soirée étoilée le 1er mai. Vous savez que nous les aimons particulièrement. Et même si la météo nous oblige parfois à les annuler ou les reporter, nous tenons à les continuer car ce sont de très beaux moments. 



Puis, le 6 juin, Sylvie Lafuente Sampietro animera un atelier d'astrologie interactif. Ces ateliers sont l'occasion de découvrir comment nous vivons un sujet particulier, ici le féminin, à travers notre thème natal. Celui-ci sert de base à notre exploration et nous sommes guidés tout au long de la soirée par Sylvie lafuente Sampietro. Que vous connaissiez ou non l'astrologie, c'est une belle opportunité d'en savoir un peu plus sur vous-mêmes.



Et nous avons toujours dans notre local, l'exposition des œuvres de Myrrha, que vous pouvez découvrir lors des séances d'ouverture au public dont les dates vous sont précisées ci-dessous.
L'exposition se terminera fin juin, profitez de ces dates pour venir nous rendre visite !




Nous vous souhaitons un très beau trimestre, nous espérons vous retrouver pour ces manifestations où nous serons très heureux de vous accueillir.