dimanche 13 février 2022

Découvrir Jung

 


Un livre de Frédéric Lenoir sur Jung : j'ai voulu aller voir !

Il y retrace la vie de Jung et reprend sa pensée en essayant de nous la présenter de façon claire. C'est assez réussi et on y retrouve tous les thèmes chers à Jung avec en point d'orgue sa recherche sur le processus d'individuation. Sur sa vie, les principales étapes sont reprises, sans occulter les zones d'ombre et les périodes difficiles qu'il n'a pas lui-même détaillées dans son livre sur sa vie.

Bref, un livre intéressant pour découvrir ou compléter ses connaissances sur ce grand psychanalyste, toujours peu honoré en France.



Voici un petit extrait sur la perte de lien de notre civilisation avec la nature, plus consciente actuellement qu'au début du XXe siècle, lorsque Jung s'en est inquiété :

"En se coupant de la nature, l'homme moderne  se prive de son lien le plus vital avec le monde, celui qui a structuré sa psyché depuis des millénaires. Avant que l'homme ne migre dans les grandes villes et ne se pose consciemment comme distinct de la nature et comme "maître et possesseur" de celle-ci pour reprendre l'expression de René Descartes, la nature n'était pas un simple environnement pour l'être humain : elle était vécue, expérimentée, intériorisée. Elle faisait partie de lui comme il faisait partie d'elle. "Les pierres, les plantes, les animaux ne parlent plus à l'homme et l'homme ne parle plus aux animaux en croyant qu'ils peuvent l'entendre, écrit Jung. Son contact avec la nature a été rompu, et avec lui a disparu  l'énergie affective profonde qu'engendraient ses relations symboliques."

Depuis qu'il s'est différencié d'elle par un effort conscient, son appartenance à la nature ne subsiste plus que dans son inconscient, qui conserve les instincts, les archétypes et la mémoire de ce lien vital. Mais nous ne comprenons plus ce langage et cette dissociation est pour Jung source de nombreuses névroses de l'homme moderne. Il nous faut donc retrouver ce lien vital avec la nature, quand bien même celui-ci passera toujours plus par le prisme de la conscience que par celui de l'inconscient, à l'inverse de ce qui se produisait pour nos lointains ancêtres. Pour qualifier cette rupture entre l'homme et la nature, le sociologue Max Weber parlait de "désenchantement du monde". Jung appelle aussi à un "réenchantement du monde", par la capacité à nous relier aux autres espèces vivantes et à ressentir dans toutes les dimensions de notre être ( corps, cœur, imaginaire, pensée), notre appartenance au cosmos."



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Pour laisser un commentaire, entrez un profil : avec votre compte Google si vous en avez un, ou en anonyme ou encore avec un nom, le vôtre ou un pseudonyme.
Je lis les commentaires avant publication pour éviter les messages "toxiques" ou sans rapport avec notre association.
Merci d'avance de donner votre avis ou de partager avec nous vos idées ou découvertes.