dimanche 14 avril 2019

Pluton : le chemin vers l'authenticité



L'association vous propose jeudi 25 avril de venir découvrir ou redécouvrir ce que peut nous révéler l'archétype de Pluton.
Cette planète naine du système solaire qui porte le nom du gardien des enfers dans la mythologie grecque représente un symbole fort de l'inconscient collectif dans notre psyché. En découvrant son rôle, en nous-mêmes comme dans la société, nous pourrons décrypter les situations où nous sommes manipulés, où nous manipulons, et ainsi devenir lucides sur nombre d'événements de nos vies qui nous laissent souvent impuissants.
Cette lucidité nous conduira vers l'authenticité et la puissance intérieure.




Sylvie Lafuente Sampietro animera la conférence. Voici comment elle nous la présente :


"Pluton : le chemin vers l’authenticité

Pluton nous emmène dans les profondeurs de l’âme humaine à la rencontre de notre ombre personnelle et de celle de la collectivité. Le chemin du guerrier intérieur est l’impeccabilité. Développer notre lucidité, être courageux, trouver l’action juste, être authentique et devenir un guerrier de la lumière : c’est le chemin qu’il nous propose. Transformer le poison des pulsions de dévoration et de violence en élixir de guérison de nos âmes, voilà  l’initiation de Pluton.
 Il nous offre de découvrir notre réelle puissance en tant qu’être humain.
Cette conférence donnera un éclairage autant sur le plan personnel que sur la mutation de nos sociétés."



Le chemin proposé par Pluton n'est pas aisé,  mais il nous conduit de l'ombre vers la lumière.  Il peut faire peur mais il est  très important de s'y intéresser pour sortir de l'impuissance face aux situations difficiles. Le chemin pour aller vers la justesse et une éthique personnelle nous permettra de nous tenir droits et authentiques en toutes circonstances.
Nous voyons tous les jours des manifestations de Pluton dans nos sociétés et la lucidité face à ces manipulations et manifestations de l'ombre sera pour nous le meilleur moyen de ne pas nous laisser piéger.




Voici donc une conférence qui s'annonce passionnante : je vous invite à y participer.
Elle aura lieu le 25 avril à 20h30 au Centre d'astrologie : 1, rue Expilly à Grenoble.
Le tarif est de 10 € et de 7 € pour les adhérents à l'association. 
Vous pouvez vous inscrire par mail à : assoc.altair@gmail.com
Nous vous attendons !

dimanche 7 avril 2019

Le prince ermite

Le chemin vers la paix de l'âme et la sagesse nous est conté ici par Henri Gougaud. Ce conte d'origine chinoise est extrait de son livre : L'arbre aux trésors.




Le chemin

Il était un jour un prince nommé Tsao. C'était un jeune homme robuste, de grande beauté et d'intelligence vive. Pourtant il vivait perpétuellement malheureux et enragé. il se mêlait de batailles indignes dans les basses ruelles de la capitale, buvait et paillardait sans bonheur tous les soirs de sa vie.
Une nuit, dans un recoin de taverne crasseuse, l'esprit tout embrumé de souffrance après s'être lourdement enivré, il empoigna par la taille une servante adolescente qui passait à sa portée et voulut la mener sur la paillasse d'une chambre. Elle lui résista. Harcelé par ses compagnons aussi ivres que lui qui le défiaient en riant de soumettre cette fille, il la battit, la laissa inanimée sur une table et s'en alla seul dans le jour gris qui commençait à poindre.
Il marcha droit devant lui sans rien voir du monde qui s'éveillait et sortit de la ville. Quand les brumes de l'alcool se dissipèrent dans son esprit, il se trouva en rase campagne, sur le chemin des montagnes de l'Ouest. Alors son existence lui parut si honteuse et désolante qu'il décida d'abandonner pour toujours les palais parfumés qui peuplaient ses journées et les bas-fonds qui encombraient ses nuits. Seule la solitude lui parut désormais désirable. Cheminant vers la montagne au sommet inaccessible, la figure battue par le vent et les yeux brûlés par les larmes séchées, il espéra même, dans son désespoir et son dégoût de sa vie, la rencontre de quelque bête sauvage qui d'un coup de griffe au travers de sa poitrine offerte mettrait fin à son errance, mais il n'en vit aucune.
Il parvint après trois journées de fuite épuisante au pied des monts. Il prit une courte nuit de repos, puis se mit à les gravir. Peu à peu aux buissons traversés il laissa par lambeaux ses vêtements brodés, aux soleils et aux tempêtes la séduction de son visage, à la rudesse des rocs l'agressive puissance de son corps. Il s'établit dans une grotte, et trois années durant, sans rien attendre de la mort, il se nourrit de fruits, de racines et de noix sauvages. Mais la mort ne vint pas.




Alors il grimpa plus haut, où ne poussaient que de rares herbages parmi les rochers, et comme il montait vers ces hauteurs où n'étaient plus de sentiers, son ancienne vie de débauche lui apparut si lointaine qu'il douta d'être celui qui l'avait vécue. les femmes, le luxe, le vin ne le préoccupaient plus. Il se dit qu'il était peut-être devenu un esprit du vent, et cela le fit rire. En vérité, n'importe qui passant par les rochers où il vivait l'aurait pris pour un fou, le voyant errer, nu sur ses jambes maigres, sa chevelure terreuse mêlée à sa barbe. Parfois, les yeux brillants comme deux étoiles noires dans les broussailles de son visage, il s'immobilisait de longues heures pour contempler la cime neigeuse de la montagne, d'où il n'attendait personne.
Cette cime l'emplissait de paix infinie. Quinze années durant il ne sut jamais pourquoi, jusqu'à ce qu'un jour quelqu'un vienne de ces neiges éternelles : un homme presque transparent, tant il était pâle et fluet. Il était vêtu d'une robe rouge qu'aucun vent poussiéreux, qu'aucune branche épineuse ne semblait avoir jamais effleurée. Cet homme était de ces Immortels qui vivaient autrefois au plus haut de la montagne de l'Ouest. Tsao ne fut pas étonné de le voir. L'Immortel s'assit à quelques pas de lui, sur un caillou. Tsao s'approcha et s'assit en face, comme pour une conversation, mais rien ne lui vint qu'il ait envie de dire. Alentour n'étaient que le vent et la lumière du ciel.
_ Te souviens-tu que tu fus prince ? lui demanda son visiteur, d'une voix nette et paisible.
_ Prince ? lui répondit Tsao. Je ne sais pas ce que signifie ce mot.
_ Que cherches-tu dans ces montagnes ?
_ Rien, répondit Tsao. Je suis mon chemin.
_ Où se trouve donc ton chemin ?
Tsao, levant la tête, désigna le ciel.
_ Et où se trouve le ciel ? demanda l'homme.
Tsao posa la main sur sa poitrine, et ainsi désigna son cœur.
Alors l'homme sourit.
_ Bienvenue chez les Immortels, dit-il.
Et ils s'en furent ensemble vers la cime.



dimanche 31 mars 2019

Le langage de la poésie

Voici un texte pour nous dire l'importance de la poésie. il nous le dit avec le langage du poète, nous livrant à la fois la force des mots, la puissance du verbe et la beauté qui s'en dégage.
Il est extrait de "L'âme usagée- Ecrits sur le romantisme" de Armel Guerne.




Laissez-moi vous dire


"Jamais la poésie n'a été aussi nécessaire, quel que puisse être le nombre de ceux qui ne le savent pas, ni réclamée dans une urgence aussi abrupte et absolue, l'indispensable chant secret de cette pauvresse splendide. Fille sauvage de la providence, et seule héritière directe des hautes évidences premières qui fait la honte du monde dit civilisé. rejetée de nos jours plus et mieux que partout ailleurs. Parce qu'elle est l'enfant surnaturelle du verbe et naturellement l'avocate de l'âme insurgée, la poésie est par essence le seul langage encore assez vivant, encore assez armé, encore assez puissant et entier, assez pris du mystère aussi de la parole pour emporter d'assaut les forteresses de l'inertie et crever le béton des citadelles du mensonge. Portant en elle un grain de vérité humaine qui peut germer encore , une semence de beauté qui fleurira dans la hideur, de saints pollens de l'immortelle simplicité, et même pour certains, l'amande du noyau, du fruit intemporel, qui fait lever dans l'âme, puissamment, un arbre superbe avec le bruissement vivant de son feuillage, le creusement très doux du bleu des ombres, et la visite claire des oiseaux qui les font sourire."





Et pour illustration, l'Alchimie du verbe de Rimbaud (extrait d'Une saison en enfer):


"À moi. L'histoire d'une de mes folies.
Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne.
J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs.
Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de mœurs, déplacements de races et de continents : je croyais à tous les enchantements.
J'inventai la couleur des voyelles ! - A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. - Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.

Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges."



dimanche 24 mars 2019

Masculin en nous

Vendredi dernier, nous avions rendez-vous avec le masculin en nous : un atelier d'astrologie pour tout le monde, homme ou femme, car nous avons tous cette partie masculine, comme nous avons aussi une partie féminine bien sûr.




Sylvie Lafuente Sampietro nous a rappelé combien ce sujet est important dans notre société en évolution. Nous avons en effet vécu depuis trois ou quatre millénaires sous le patriarcat qui a imprégné nos sociétés de façon consciente mais aussi inconsciente  : souvent nous ne voyons pas combien nos modes de vie et de pensée baignent dans ce système. 
Mais actuellement, l'émergence de forces novatrices nous pousse à sortir du patriarcat et à assumer la liberté de la femme. Ces forces nous incitent à la révélation d'une nouvelle société dans laquelle le masculin et le féminin seront à égalité.
L'unité du masculin et du féminin doit se faire à l'intérieur de nous-mêmes. 
Cela conduit à un changement des rapports à tout ce qui nous entoure.




Pour les femmes, le masculin est de plus en plus assumé, qu'il soit simplement accueilli ou affirmé mais les anciens modèles perdurent. Il va falloir en changer.
Et les hommes doivent muter leur façon d'incarner le masculin, sans conserver la protection du patriarcat, qui pouvait être très lourd à porter pour eux aussi.
Nous avons donc à trouver en nous ces deux pôles et ces ateliers de découverte du féminin et du masculin en nous sont de bons outils pour y parvenir.




Nous avons parcouru ensuite avec Sylvie Lafuente Sampietro quelques grandes figures du patriarcat, mythiques ou religieuses, avant d'examiner, notre thème natal en main et des fiches pédagogiques pour déchiffrer, comment le masculin se manifeste en chacun de nous.
Cet examen passe par le Soleil et Mars dans notre thème, complété par les liens de notre part masculine avec les grands archétypes collectifs.




Nous avons  découvert différents types d'hommes, que nous pouvons incarner selon notre thème.

Tout ceci dans une ambiance joyeuse et passionnée. Nous sommes sortis en ayant tous une idée beaucoup plus claire du fonctionnement de notre part masculine. 

dimanche 17 mars 2019

Beauté

"L'instant exige de nous que nous soyons dans une posture d'accueil et d'attente non seulement pour accueillir ce qui advient comme beauté mais aussi pour entendre cette basse continue qui résonne en nous-mêmes." François Cheng



La beauté selon François Cheng, c'est l'harmonie et une renaissance de chaque instant.

«Nous sommes transformés, rendus meilleurs par la beauté. Dans la vie, il y a des scènes qui exaltent, comme le combat, l’entrechoquement des corps par exemple, mais l’état suprême de la beauté, c’est l’harmonie. Il s’agit de la qualité éthique de la beauté. Cette beauté éthique permet à l’homme de conserver sa dignité, sa générosité et sa noblesse d’âme. Ces qualités nous permettent de transcender notre condition humaine, de dépasser la douleur pour atteindre l’harmonie. La beauté nous transfigure, car elle nous sort de l’habitude, nous permet de revoir les choses qui nous entourent comme au matin du monde, comme pour la première fois. En sortant dans la rue, vous voyez cet arbre en fleur, et l’univers vous apparaît comme au matin du monde. Comme Prévert qui, dans un poème (Voyages), raconte qu’il voit sa femme de loin dans un bus, sans d’abord la reconnaître, comme s’il la voyait pour la première fois. Seule la beauté est capable de nous donner cet étonnement, cet émerveillement de la première fois. »




Mais elle est aussi ce qui nous attache à la vie.

…] Et de plus, nous tendons vers d’autres présences de beauté, vers une chance d’ouverture et d’élévation. C’est bien grâce à la beauté qu’en dépit de nos conditions tragiques nous nous attachons à la vie. Tant qu’il y aura une aurore qui annonce le jour, un oiseau qui se gonfle de chant, une fleur qui embaume l’air, un visage qui nous émeut, une main qui esquisse un geste de tendresse, nous nous attarderons sur cette terre si souvent dévastée. J’aimerais pousser la hardiesse jusqu’à dire que la beauté, d’une certaine manière, justifie notre existence. N’est-il pas vrai qu’au sein de la beauté, but de notre quête, nous éprouvons la sensation de ne plus viser à rien d’autre? Force nous est de constater qu’elle est essentielle dans la mesure où elle participe du fondement de notre existence et de notre destin.




Comme écho à ces mots de François Cheng, voici un poème de Sophie Nauleau :

J’ai vu une enfance violentée rêver devant un amandier en fleurs.
J’ai vu un homme emprisonné retrouver souffle à la lecture d’un poème.
J’ai vu le ciel déverser des tonnes d’azur sur nos morts.
J’ai vu la neige brûler moins que les larmes.
J’ai vu le soleil consoler un coquelicot, et réciproquement.
J’ai vu un arc-en-ciel en cavale sous l’orage.
J’ai vu un ange noir chanter sous les étoiles.
Et je n’ai trouvé qu’un mot pour dire cela qui transcende le chaos, l’éphémère et la joie mêlés de nos vies : la beauté. 





dimanche 10 mars 2019

Le guerrier intérieur


Nous aurons au mois d'avril une conférence d'astrologie sur Pluton, animée par Sylvie Lafuente Sampietro. J'aurai l'occasion de vous en reparler très prochainement.




Mais auparavant, voici quelques mots au sujet du chemin du guerrier, développé par Castaneda et qui permet de comprendre le chemin proposé par Pluton.
On peut parler de guerrier ou de sorcier, mais ce dernier mot est souvent mal considéré. Le sorcier est cependant, dans d'autres sociétés, un être respecté car il est très engagé et il est aussi guérisseur des âmes et des corps. Parlons donc du guerrier.


Le guerrier est celui qui agit du mieux qu’il peut sans s’inquiéter du fruit de ces actes.  Ce guerrier-là n’est pas en guerre contre les autres, mais en lutte contre la complaisance qu’il porte en lui. Ce sentiment qui nous fait désirer le résultat avant l’acte et qui nous fait souffrir lorsque nos désirs ne sont pas satisfaits. Dans son parcours initiatique Carlos Castaneda a appris, auprès du chaman Yaqui Don Juan, ce que veut dire être un guerrier, un « homme de connaissance ».

Don Juan fait souvent la distinction entre l’homme « moyen », celui qui n’a pas encore développé suffisamment de pouvoir personnel et de discernement, et le guerrier :
" L’homme moyen cherche la certitude dans les yeux d’un spectateur et nomme cela confiance en soi. Le guerrier cherche à être impeccable à ses propres yeux et appelle cela humilité. L’homme moyen est suspendu à son semblable, tandis que le guerrier n’est suspendu qu’à lui-même." 
Développer le pouvoir personnel c’est développer la capacité de vivre en conscience en se libérant des préjugés et des peurs inconscientes. La personne qui augmente son pouvoir personnel est celle qui peut appréhender le monde avec un regard neuf libéré des attentes :
"Tout ce que nous faisons, tout ce que nous sommes, repose sur notre pouvoir personnel. Si nous en avons suffisamment, il suffira peut-être d’un simple mot pour que le cours de notre vie change. Mais si nous n’avons pas assez de pouvoir personnel, on aura beau nous révéler la sagesse la plus magnifique, cette révélation ne fera pas une sacrée différence. "
Mais pour qu’une personne décide de développer son pourvoir personnel, encore faut-il qu’elle soit consciente qu’un changement est nécessaire :
"Un guerrier débute avec la certitude que son esprit n’est pas équilibré; puis, à force de vivre avec une maîtrise de soi et une lucidité totales, mais sans hâte ni contrainte, il fait vraiment de son mieux pour acquérir cet équilibre. "
Pour acquérir cet équilibre, l’apprenti guerrier doit faire taire le dialogue interne et se libérer ainsi de ses conditionnements et de ses habitudes qui le limitent :
"Chaque fois que le dialogue cesse, le monde s’évanouit et des facettes extraordinaires de notre personnalité font surface, comme si elles avaient été profondément gardées par nos paroles. Tu es comme tu es parce que tu te dis à toi-même que tu es ainsi."
Prendre conscience de son dialogue interne c’est également prendre conscience que notre perception de la réalité est limitée par ce dialogue. Pour pouvoir voir, et l’on pourrait remplacer voir par développer la pleine conscience, il faut regarder au-delà des idées préconçues et vivre l’expérience à travers notre être :
"Le dialogue intérieur est ce qui te donne une base. Le monde est comme ceci ou comme cela parce que nous nous disons à nous-mêmes qu’il est comme ceci ou comme cela. Voir n'apparait que lorsque le guerrier est capable d’interrompre le dialogue intérieur." 

Comme l’explique Don Juan, la personne en quête de sens doit adopter les bons comportements jusqu’à ce qu’ils portent leurs fruits. Selon le sorcier Yaqui les hommes sont tous victimes de leurs complaisances et de leurs croyances, et seul un comportement exemplaire pourra les libérer :
"Nous sommes tous victimes des mêmes mystifications. La seule façon de les surmonter est de persévérer dans le comportement du guerrier. Le reste vient tout seul. Qu’est-ce que le reste? lui demanda Carlos. La connaissance  et le pouvoir. Les hommes de connaissances possèdent les deux. Cependant aucun d’eux ne peut dire comment il les a acquis. La seule chose qu’ils savent c’est qu’ils ont continué à agir comme des guerriers et qu’à un moment donné tout a changé."
" L’expérience véritable est d’être un homme, et ce qui compte c’est d’être en vie; le petit détour que nous sommes en train de prendre maintenant, c’est la vie. La vie en soi est suffisante, elle s’explique de soi-même et elle forme un tout. Un guerrier comprend tout ça et vit en conséquence." 
Le guerrier agit en étant pleinement présent sans se laisser distraire par ses désirs et ses attentes. Il est dans une action portée par l’attention. Il agit avec entrain alors même qu’il a lâché prise. On peut agir tel un guerrier impeccable en s’impliquant pleinement dans chaque action. Peu importe le résultat, l’important est de donner le meilleur de soi-mêmeêtre totalement présent dans chacun de nos actes. Et en pratiquant cette impeccabilité dans chacun des actes de sa vie quotidienne, le chercheur de vérité reçoit des aides impersonnelles, qui émanent du vivant.

Et nous verrons plus clairement le chemin à suivre avec la conférence sur Pluton.
Les paroles de Carlos Castaneda sont extraites de Histoires de pouvoir.

dimanche 3 mars 2019

Le mât et la luciole



Pour rester encore un peu en vacances, voici une petite histoire, racontée par Jean-Claude Carrière dans Le cercle des menteurs.

L'arbre le plus haut

Dans cette histoire, qui nous vient du Vietnam, un voyageur parle des merveilles qui l'ont ébloui.
_ Dans un port lointain, dit-il, j'ai vu un bateau. Il était si vaste qu'un jeune mousse, partant de la poupe, arrivait à la proue avec des cheveux blancs.
Un de ceux qui l'écoutaient lui dit :
_ Ca n'a rien de très surprenant. Dans une forêt, non loin d'ici, je connais un arbre si haut qu'un oiseau doit voler pendant dix ans avant d'en atteindre la cime. 
_ Quel mensonge ! s'écria le voyageur ! Un arbre pareil n'existe pas.
_ Alors, demanda l'autre, avec quoi fait-on le mât de ton bateau ?


Et pour terminer, une petite phrase pour nous éclairer :

"Bien que la nuit soit humide,
La petite luciole s'aventure au-dehors
Et allume lentement la lumière."

Sukin