dimanche 30 septembre 2012

Mort et renaissance

Je garde de la compagnie de Pluton, durant une semaine de stage cet été, le souvenir très fort du chemin de transmutation qu'il nous invite à accomplir. Pluton le sorcier va nous aider à transmuer la douleur pour accéder à la guérison.
Pluton révèle le trésor caché, en nous rendant à notre véritable nature. Et lorsqu'on parle de la relation entre le Soleil et Pluton, celui-ci symbolise le feu qui purifie. Avec lui, tout est réduit en cendres, hormis le soleil indestructible, ce noyau de soi-même.

Je retrouve aujourd'hui ce texte de Eric Berrut citant Marie-Louise von Franz qui nous entraîne dans le feu de Pluton, le feu des alchimistes, purifiant la matière pour en extraire l'essentiel. Dans ce texte, Eric Berrut nous suggère de remplacer le mot feu par Pluton. 




"En alchimie, le feu sert à brûler tout ce qui est superflu d'un corps, de sorte que seul le noyau indestructible demeure. En conséquence, les alchimistes commencent par calciner la plupart des substances qu'ils utilisent, détruisant ce qui peut être détruit. Ce qui résiste au feu, le résidu solide qui survit à la calcination, était considéré comme un symbole d'immortalité. Le feu est, par conséquent, le grand agent de transformation. dans certains textes gnostiques, il est aussi appelé le Grand Juge, parce qu'il départage, pour ainsi dire, ce qui est digne de survivre de ce qui ne l'est pas."


"Vous vous rendrez compte, nous dit Eric Berrut, que les alchimistes tentaient de réaliser, par projection sur la matière, l'opération plutonienne que nous sommes appelés à accomplir sur le plan de la conscience."

"Sous l'égide de Pluton, on ne meurt pas à soi-même , mais à tout ce qui se substitue, justement, à soi-même, et qui nous ôte la liberté d'être en tant que soi-même et d'agir en conséquence."




L'expérience ne peut être tentée que si l'on s'est assez construit,  notamment au travers de Saturne. Elle nous conduit à accepter la vie. Telle qu'elle est.

vendredi 21 septembre 2012

L'éléphant enchaîné



Un petit livre découvert cet été lors du stage d'astrologie, puis acheté pour notre bibliothèque et dont voici un extrait pour vous donner envie.
Ce livre, c'est "Laisse moi te raconter...les chemins de la vie" de Jorge Bucay.
Et l'histoire que j'ai extraite, celle de l'éléphant enchaîné, est une belle métaphore sur le rôle des conditionnements dans notre vie.





"Quand j'étais petit, j'adorais le cirque, et ce que j'aimais par-dessus tout, au cirque, c'étaient les animaux. L'éléphant en particulier me fascinait; comme je l'appris par la suite, c'était l'animal préféré de tous les enfants. Pendant son numéro, l'énorme bête exhibait un poids, une taille et une force extraordinaires... Mais, tout de suite après et jusqu'à la représentation suivante, l'éléphant restait toujours attaché à un petit pieu fiché en terre, par une chaîne qui retenait l'une de ses pattes prisonnière.
Or ce pieu n'était qu'un minuscule morceau de bois à peine enfoncé de quelques centimètres dans le sol. Et bien que la chaîne fût épaisse et résistante, il me semblait évident qu'un animal capable de déraciner un arbre devait facilement pouvoir se libérer et s'en aller. 
Le mystère reste entier à mes yeux.
Alors, qu'est-ce qui le retient ?
Pourquoi ne s'échappe-t-il pas ?
A cinq ou six ans, j'avais encore une confiance absolue dans la science des adultes. J'interrogeai donc un maître, un père ou un oncle sur le mystère du pachyderme. L'un d'eux m'expliqua que l'éléphant ne s'échappait pas parce qu'il était dressé. 
Je posai alors la question qui tombe sous le sens : "S'il est dressé, pourquoi l'enchaîne-t-on ?".
Je ne me rappelle pas qu'on m'ait fait une réponse cohérente. Le temps passant, j'oubliai le mystère de l'éléphant et de son pieu, ne m'en souvenant que lorsque je rencontrais d'autres personnes qui un jour, elles aussi, s'étaient posé la même question.
Il y a quelques années, j'eus la chance de tomber sur quelqu'un d'assez savant pour connaître la réponse : 
 L'éléphant du cirque ne s'échappe pas parce que, dès son plus jeune âge, il a été attaché à un pieu semblable.
Je fermai les yeux et j'imaginai l'éléphant nouveau-né sans défense, attaché à ce piquet. Je suis sûr qu'à ce moment l'éléphanteau a poussé, tiré et transpiré pour essayer de se libérer, mais que, le piquet étant trop solide pour lui, il n'y est pas arrivé malgré tous ses efforts.
Je l'imaginai qui s'endormait épuisé et, le lendemain, essayait à nouveau, et le surlendemain... et les jours suivants... jusqu'à ce qu'un jour, un jour terrible pour son histoire, l'animal finisse par accepter son impuissance et se résigner à son sort.
Cet énorme et puissant pachyderme que nous voyons au cirque ne s'échappe pas, le pauvre, parce qu'il croit en être incapable.
Il garde le souvenir gravé de l'impuissance qui fut la sienne juste après sa naissance.
Et le pire, c'est que jamais il n'a sérieusement remis en question ce souvenir.
Jamais, jamais il n'a tenté d'éprouver à nouveau sa force... "



dimanche 16 septembre 2012

La tolérance


Je suis avec beaucoup d'intérêt, et je sais que je ne suis pas la seule, les parutions de livres de Frédéric Lenoir : ses livres sont toujours passionnants et emplis d'humanité.
Dans le dernier, l'âme du monde, il essaie de nous faire ressentir cette force bienveillante qui maintient l'harmonie de l'univers.
J'ai choisi un extrait qui parle de l'esprit de tolérance, sujet particulièrement d'actualité. Et message qu'il faut sans cesse renouveler pour que nous puissions vivre ensemble.


"Cultivez la tolérance. Ne soyez pas convaincus que vous seuls possédez la vérité. Le monde est divers, les sensibilités sont variées et ce qui est bon pour l'un ne l'est pas forcément pour l'autre. De même, ce qui est tenu pour vrai dans telle culture n'est pas forcément vrai dans telle autre. L'esprit de tolérance nous permet d'élargir notre compréhension de la vie et du monde. Il ne signifie pas pour autant que tout se vaut. La démocratie vaut mieux que la tyrannie, la justice que l'injustice, l'amour que la haine. Mais il y a parfois des manières différentes de vivre et de comprendre certaines vérités universelles, sans pour autant les contredire. Quant aux vérités ultimes, celles qui concernent Dieu ou l'Absolu, nul ne peut en avoir une claire compréhension, nul ne peut prétendre les posséder, car elles échappent à notre entendement. Ce qui est transmis dans chaque culture ou civilisation n'est toujours qu'un point de vue partiel ou limité. Ceux qui sont enfermés dans une posture dogmatique sont sûrs du contraire et leur coeur ne peut accueillir la vie avec humilité et autrui dans un véritable respect."


dimanche 9 septembre 2012

La rentrée



La rentrée, avec son lot de nostalgie, fin des vacances et de l'insouciance, mais aussi avec toutes ses joies, lorsque de nouvelles perspectives s'ouvrent.
Cette année l'association Altaïr, tout en gardant mémoire de ses 21 ans passés en quête de ce qui peut nous rendre plus humain, n'échappe pas à la règle et se tourne vers de nouvelles directions.
Se recentrer sur nos fondamentaux, développer l'accueil, élargir notre horizon en essayant d'être présents là où nous pouvons être utiles.
Nous sommes tous convaincus de l'importance de faire découvrir ce formidable outil de connaissance de soi qu'est l'astrologie humaniste appliquée, et c'est notre objectif principal.



Nous sommes heureux d'être présents dans la communication du centre et en particulier sur le site Internet remis à neuf que vous pouvez découvrir à son adresse habituelle.
L'espace s'ouvre, de nouveaux liens se créent, nous sommes prêts pour de nouvelles aventures. Nous espérons les vivre avec vous ...

lundi 3 septembre 2012

Les crises

Le titre de la conférence d'astrologie mondiale de Sylvie Lafuente Sampietro pour l'année 2013 m'avait interpellée : "Face aux crises, la créativité."

Et j'ai retrouvé en ouvrant le Telerama de cette semaine un article sur la crise très en phase avec ce titre.
En voici deux extraits pour étayer la réflexion sur l'année à venir. Myriam Revault d'Allonnes , spécialiste de philosophie politique et morale est interviewée.




" On parle de la crise comme s'il s'agissait d'un état permanent, et c'est effectivement vécu par l'homme contemporain comme un état permanent.  Pourtant, classiquement, la crise est un  état d'exception, dont on doit sortir. C'est ce que nous apprend l'étymologie. Le mot "crise" vient du grec ancien. La krisis, pour les grecs, signifie trois choses. Dans le registre médical, il s'agit de l'état paroxystique de la maladie, dont il faut absolument sortir _ le moment où l'on se trouve face à une alternative : la vie ou la mort. Mais la crise, cela veut dire aussi : la décision _ c'est lié au sens précédent, à la nécessité de prendre une décision pour s'en sortir. Troisième sens : le filtre, le tamis, c'est-à-dire le jugement. Crise et critique ont ainsi la même étymologie. Pour les grecs, le mot se rattache donc au domaine médical, mais aussi au judiciaire, au politique et au militaire."

"Tout se passe comme si la crise économique concentrait toutes les difficultés du vécu. En réalité, à supposer qu'un certain nombre de problèmes économiques soient résolus demain, on ne sortirait pas de la crise pour autant. Parce que la modernité est liée, consubstantiellement, à la notion de crise. Cela dit, il ne faut pas négliger ce que la crise peut avoir de fécond. Hannah Arendt écrit que c'est lorsque nous avons perdu tous les repères traditionnels qui nous permettaient de porter des jugements que notre capacité à juger peut être relancée. Je ne dirais sûrement pas vive la crise, ce serait irresponsable. Mais je dis qu'on peut aussi l'appréhender comme une force positive qui nous oblige à penser autrement."




Voilà justement ce que nous demande la période présente : nous aurons l'occasion d'en reparler à l'occasion de la conférence d'astrologie mondiale. Et de reparler de ce livre de Dane Rudhyar, dont les idées devraient nous éclairer .

mardi 28 août 2012

Victor Hugo


L'Ardèche en juillet, le soleil, le tilleul pour nous protéger et un groupe de personnes formant une grande famille d'âmes.
La rivière nous attend passée la porte rouge et notre tente est bien installée sous le tilleul.
Voici très succinctement planté, le décor du stage sur Pluton.
Pour nous aider dans notre quête, Sylvie et Jean-Philippe, bien sûr.
Mais également de grandes figures qui nous ont protégées tout au long de la semaine : Jung et Victor Hugo furent de ceux-là.
Victor Hugo, très marqué par Pluton dans son thème natal ( Soleil et Vénus conjoints, Jupiter et Saturne opposés), nous a accompagnés à chaque étape de notre découverte.
Voici quelques traces de ce chemin qu'il a suivi avec nous, grâce à ses paroles.

"De quelque mot profond tout homme est le disciple", nous prévient-il. Avec lui, nous avons eu le choix !
Lorsque la loi du silence a fait long feu, que l'on devient lucide sur ce qui se passe sans se dire, le niveau de l'authenticité peut être atteint, et il nécessite d'agir :
"Il vient une heure où protester ne suffit plus. Après la philosophie, vient l'action."

Il ne devient plus nécessaire de fuir, la douleur peut être acceptée :
"On passe une moitié de sa vie à attendre ceux qu'on aimera et l'autre moitié à quitter ceux qu'on aime.  "
"La vie n'est qu'une longue perte de tout ce qu'on aime."

Pour pouvoir avancer, il faut être armé et avoir une éthique :
"la liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience. Celui qui choisit la conscience a la liberté."
Et plus on avance, plus on devient vivant :
"Le plus grand ennui, c'est d'exister sans vivre."

On découvre au passage que Pluton, c'est la lignée des femmes, la puissance du matriarcat :
"La femme a une puissance singulière qui se compose de la réalité de la force et de l'apparence de la faiblesse."
Nous découvrons également qu'avec Pluton, on ne s'ennuie pas et qu'on rit beaucoup :
"Le rire est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter." nous disait Raymond Devos.

Et au bout du chemin, nous retrouvons Victor Hugo :
"Chaque homme dans sa nuit s'en va vers sa lumière."

Pour terminer, cette phrase qui nous a tellement étonnés par sa modernité :
"La liberté d'aimer n'est pas moins sacrée que la liberté de penser." 

Notre chemin, cette semaine-là, avait été dessiné par de grands hommes.


dimanche 19 août 2012

En attendant la rentrée...

Ce conte livré par Henri Gougaud dans "L'arbre d'amour et de sagesse" nous parle de l'existence simultanée et nécessaire en nous du bien et du mal.



L'arbre

Dans un pays aride s'élevait autrefois un arbre prodigieux.
Sur la plaine, on ne voyait que lui, largement déployé entre les blés et le ciel. Personne ne savait son âge.
Des femmes stériles venaient parfois le supplier de les rendre fécondes, les hommes en secret cherchaient auprès de lui des réponses à des questions inexprimables, mais personne jamais ne goûtait à ses fruits.
Ils étaient pourtant magnifiques, si luisants et dorés le long de ses deux branches maîtresses qu'ils attiraient les mains et les bouches des enfants ignorants.
Eux seuls osaient les désirer. On leur apprenait alors l'étrange et vieille vérité.
La moitié de ses fruits était empoisonné. Or tous, bons ou mauvais, étaient d'aspect semblable.
Des deux branches ouvertes en haut du tronc énorme, l'une portait la mort, l'autre portait la vie, mais on ne savait laquelle nourrissait et laquelle tuait. Et donc on regardait, mais on ne touchait pas.
Vint un été trop chaud, puis un automne sec, puis un hiver glacial. La famine envahit le pays. Seul sur la plaine, l'arbre demeura immuable. Aucun de ses fruits n'avait péri.
Les gens, voyant ce vieux père miraculeusement rescapé des bourrasques, s'approchèrent de lui, indécis et craintifs. Ils se dirent qu'il leur fallait choisir entre le risque de tomber foudroyés, s'ils goûtaient aux merveilles dorées qui luisaient parmi les feuilles, et la certitude de mourir de faim, s'ils n'y goûtaient pas.
Comme ils se laissaient aller en discussions confuses, un homme dont le fils ne vivait plus qu'à peine osa soudain s'avancer. Sous la branche de droite il cueillit un fruit, le croqua et resta debout, le souffle bienheureux. Alors tous à sa suite se bousculèrent et se gorgèrent des fruits sains de la branche de droite qui repoussèrent aussitôt, à peine cueillis, parmi les verdures bruissantes.
Les hommes s'en réjouirent infiniment. Huit jours durant ils festoyèrent, riant de leurs effrois passés.
Ils savaient désormais où étaient les rejetons malfaisants de cet arbre : sur la branche de gauche. Leur vint une rancune haineuse. À cause de la peur qu'ils avaient eu d'elle, ils avaient failli mourir de faim. Ils la jugèrent bientôt aussi inutile que dangereuse. Un enfant étourdi pouvait un jour se prendre à ses fruits mortels que rien ne distinguait des bons. Ils décidèrent donc de la couper au ras du tronc, ce qu'ils firent avec une joie vengeresse.
Le lendemain tous les bons fruits de la branche de droite étaient tombés et pourrissaient dans la poussière. L'arbre amputé de sa moitié mauvaise n'offrait plus au grand soleil qu'un feuillage racorni. Son écorce avait noirci.
Les oiseaux l'avaient fui. Il était mort.