dimanche 3 mai 2020

La sagesse du jardinier

Vous savez ma difficulté à prêter l'oreille à tous les commentaires actuels sur notre présent et notre futur. Je fais une exception avec cette chronique de Pascale Seys, parce qu'elle fait écho à nos connaissances astrologiques. Les cycles qui rythment l'univers nous ramènent toujours à l'idée de mort et renaissance et la nature nous le montre tous les ans avec le cycle des saisons. L'idée d'en tirer profit pour comprendre ce qui nous arrive, le relativiser en le replaçant dans les cycles de l'univers et le vivre en cultivant notre jardin est donc particulièrement parlante !




"C'est une pensée issue d'un lointain passé, c'est une idée qui est apparue il y a longtemps, bien avant le monde d'avant. Les sages de Babylone qui observaient la succession des saisons et le rythme de la nature estimaient que le monde opérait comme par une grande boucle circulaire, par une sorte de rotation, par des cycles qui faisaient advenir la même réalité toujours un peu différemment.Les stoïciens nommaient ce processus de vie et de mort la palingénésie cosmique pour dire littéralement la naissance à nouveau ou encore, selon un autre terme savant d'apocatastase, la régénération, la reconstitution, le rétablissement et le retour de la vie après chaque destruction. C'est dire que les choses et l'Histoire toujours reviennent à leur état d'origine.



Nietzsche se saisira de cette sagesse antique pour dire que si la loi du monde est celle de l'éternel retour, alors,  il faut pouvoir dire oui à toute chose, c'est-à-dire qu'il faut pouvoir accepter que ce qui arrive arrive exactement comme il arrive. Aussi faut-il semer dans le monde des gestes et des pensées les plus douces et les plus joyeuses possible, étant donné que l'on doit s'attendre à ce que le fruit des semailles revienne après que la terre ait tourné. D'autres traditions appellent cette intuition le karma.
C'est donc la nature et ses lois immuables qui avaient convaincu les anciens que rien dans le monde n'existait ni par hasard, ni de manière séparée. C'est pourquoi, pour être sage, il fallait d'abord être savant, et que pour répondre à comment bien vivre la vie, il convenait d'observer ses mouvements et son armature rigoureuse qui témoigne de la cohésion et de la solidarité entre tous les êtres vivants reliés, comme une corde vibrante, par une affection commune, à l'univers entier.



Que regarder la nature et comprendre ses lois, que contempler un bout de parc ou un coin de jardin, qu'admirer les fleurs qui poussent au printemps, et bientôt le lilas, soient la voie royale de la sagesse pratique. C'est ce que sait aussi le jardinier Gilles Clément. Il sait que le rythme de ce qui éclot au sein de la nature est ce qui échappe à la volonté et à la course des hommes. Gilles Clément déclarait que jardiner équivalait à entrer dans ce qu'il appelait un territoire mental d'espérance, pour la bonne raison que celui qui plante et qui sème, plante et sème pour le futur et échappe ainsi au présentisme, à l'ivresse de la vitesse et à la dictature de l'instant permanent. Ainsi, dit Gilles Clément, jardiner c'est accompagner le temps, et dès lors, en ce sens aussi, jardiner c'est désobéir.



Un an. Un an, c'est le temps qu'il faut à la terre pour accomplir sa révolution. Et nous, pendant ce temps-là, nous avons couru trop vite, ignorant les fuseaux horaires, confondant le jour et la nuit, nous avons pris trop d'avions et épuisé la terre.
Et s'il n'était pas trop tard ? Et s'il était vraiment temps de cultiver notre jardin en vue de préparer et d'imaginer la révolution qui vient ?"

dimanche 26 avril 2020

Parcelles de sagesse


Puisque tous nos penseurs, philosophes et guides réfléchissent en ce moment à ce qu'on appelle le monde d'après, ou rivalisent de conseils pour nous aider à tenir durant cette période, je me contente de revenir à la poésie. Et voilà une richesse infinie offerte à nos âmes inquiètes et en recherche.
Aujourd'hui, quelques poèmes de Rumî vont nous appeler à prendre de la hauteur et à nous abandonner à vivre.



Sache que l’âme est la source,
Et toutes les choses créées,
Des ruisseaux.
Tant que demeure la Source,
S’écoulent les ruisseaux.
Chasse le chagrin de ton esprit,
Bois l’eau de ce ruisseau ;
Ne crains pas que l’eau tarisse,
Car elle est sans fin…
Vois comme est devenu un tout ce corps,
Qui est une partie de ce monde de poussière !
Quand tu auras voyagé à partir de ta
Condition d’homme, sans nul doute
Tu deviendras ange.
Quand tu en auras fini avec la terre,
Ta demeure sera le ciel.
Dépasse le niveau de l’ange :
Pénètre dans cet océan.
Afin que ta goutte d’eau devienne une mer
Plus vaste que cent mers d’Oman.
Rumî






"La présence de Dieu est là en face de nous,
un brasier à gauche,
une douce rivière à droite...
Quiconque marche dans le feu
apparaît soudain dans la fraîcheur du courant,
chaque tête, disparaissant sous la surface de l'eau,
resurgit hors du feu.
Beaucoup de gens veillent à ne pas aller dans le feu
et finissent dedans...
Si vous êtes ami de Dieu,
le feu est votre eau.
Vous devriez souhaiter posséder cent mille ailes de papillon,
pour pouvoir en brûler une chaque nuit."
Rumî




"Ainsi l'être humain est une auberge.
Chaque matin, un nouvel arrivant.
Une joie, un découragement, une méchanceté,
une conscience passagère se présente,
comme un hôte qu'on n'attendait pas.
Accueille-les tous de bon cœur !
Même si c'est une foule de chagrins
qui saccage tout dans ta maison,
et la vide de ses meubles,
traite chaque invité avec honneur.
Il fait peut-être de la place en toi pour de nouveaux plaisirs.
L'idée noire, la honte, la malice,
accueille-les à ta porte avec le sourire
et invite-les à entrer.
Soit reconnaissant à tous ceux qui viennent
car chacun est un guide
qui t'est envoyé de l'au-delà."
Rumî



Ces trois textes sont très inspirants et chacun me semble matière à méditer en s'extrayant du quotidien pour mieux y revenir, enrichi(e) par la profondeur de vue de la poésie de Rumî.

dimanche 19 avril 2020

Notre association s'adapte




Il n'est pas facile en cette période de repli chez soi de vous proposer nos activités habituelles. Nous avons dû repasser notre programme au crible de notre nouvelle vie confinée.
Voici donc notre programme en attendant de pouvoir ressortir :

Notre association reste vivante et active en intégrant les technologies actuelles.
Nous allons de l’avant, restons créatifs et nous avons revisité notre programme de printemps en fonction de la configuration actuelle.

Étant donné l’importance de la période que nous vivons et la nécessité d’en comprendre le sens, nous avons réalisé un montage vidéo intégrant l'audio de la conférence d'astrologie mondiale donnée par Sylvie Lafuente Sampietro, le 22 novembre 2019, et le PowerPoint qu'elle a présenté.
Nous avons décidé de vous l'offrir en libre accès à l'adresse suivante:

http://www.astrologie-humaniste-appliquee.fr/conferences



L’année 2020

« Poser les fondations d’un nouveau monde »


Les événements actuels sont la manifestation concrète de la mutation annoncée. Cette intervention vous permettra de prendre du recul par rapport au chaos ambiant, vous donnera des pistes pour une juste attitude et une compréhension de ce que nous traversons.

Soyez patient, cette allocution est longue, mais il faut d'abord poser les bases pour bien saisir les enjeux.

Extrait de la présentation de la conférence écrit fin Août 2019 :

"Le moment des conjonctions est souvent chaotique, car c’est l’instant de la création, de l’ensemencement du futur. C’est un espace de liberté, car nous choisissons ce qui va se développer dans l’avenir. Revenir à l’essentiel et à ce qui est durable est une clé de réussite de cette mutation. L’ancien monde s’écroule et il est temps de semer les graines du futur. Sur le plan mondial, il s’agit de l’organisation des rapports de pouvoir et de force entre les pays, et d’une révolution dans la gestion des ressources et des finances. Sur le plan sociétal, il s’agit de la rénovation de nos institutions, de la transformation des entreprises, de la création de nouvelles organisations et communautés. Sur le plan personnel, il s’agit de saisir les mutations en jeu pour organiser notre vie en fonction de nos valeurs les plus authentiques. Choisir avec soin ce que nous désirons cultiver dans nos vies, savoir lâcher ce qui ne fait plus sens et utiliser notre espace de liberté pour créer de nouveaux modèles d’existence. Nous verrons émerger de plus en plus de communautés porteuses de valeurs diverses, nous devrons choisir avec qui nous voulons évoluer et grandir. "


Nous avons également conservé nos activités prévues initialement, soit en les reportant, soit en les maintenant lorsque leur date nous parait encore compatible avec les décisions prises :

L'horloge solaire du lycée Stendhal à Grenoble

   
    

Rendez-vous à la Maison du Tourisme de Grenoble (14, rue de la république 38 000 Grenoble)

avec un guide de la ville de Grenoble et Sylvie Lafuente Sampietro samedi 21 mars à 9h45

La visite a été annulée : une nouvelle date vous sera proposée dès la fin du confinement.

“Hommage à André BARBAULT ”


Le jeudi 23 avril 2020 à 20h30 : soirée hommage avec Sylvie Lafuente Sampietro

André Barbault (1921-2019) est un des plus grands astrologues du 20 ème et 21 ème siècles. Sylvie Lafuente Sampietro nous éclairera sur le rôle qu’il a joué dans la communauté astrologique et sur l’importance de cet homme dans son propre parcours. Pour comprendre sa personnalité et découvrir son chemin de vie, nous visionnerons « l’astrologie au cœur » de Fabrice Maze. Nous prendrons
un temps de partage pour extraire l’essentiel de son message.

Soirée annulée et reportée : une nouvelle date vous sera proposée dès que possible.

Visite du jardin de plantes médicinales de Fabienne Decoret Suivie d'une soirée étoilée au Charmant Som avec Sylvie Lafuente Sampietro


Le vendredi 19 juin

Le 19 juin, nous vous proposons de nous rendre en Chartreuse, du côté du col de Porte, visiter le jardin de plantes médicinales de Fabienne Decoret (https://petitsjardiniers.net/). Elle nous fera découvrir ses plantes lors d’une visite sensorielle suivie d’une dégustation de ses produits.

Nous nous rendrons ensuite au pied du Charmant Som, guidés par Sylvie Lafuente Sampietro pour pique-niquer puis admirer les étoiles du début de l’été. L’épi de la Vierge, Regulus, Antarès, la constellation du Scorpion et tant d’autres nous accompagneront.
Cette visite sera organisée si les conditions météorologiques et sanitaires nous le permettent.

Tarif pour le jardin : 3 € la visite et participation libre pour la soirée étoilée.

Rendez-vous à 18h30 à Grenoble ou à 19h00 au col de Porte. Les lieux de rendez-vous seront précisés ultérieurement. Prévoir un pique-nique et des vêtements chauds car nous serons en altitude.

Inscriptions sur l’adresse mail de l’association : assoc.altair@gmail.com


dimanche 12 avril 2020

Sans souci


Si comme moi, vous commencez à saturer des vidéos ou petites phrases qui nous disent quoi faire ou comment se comporter en temps de confinement, vous comprendrez que j'aille aujourd'hui me réfugier du côté des contes.
Un conte qui n'a rien à voir avec nos préoccupations du moment, quoique cela reste à voir : il me semble qu'il en dit beaucoup sur notre façon de vivre.
Il est conté par Henri Gougaud dans "Le livre des chemins."




L'homme sans souci

Ce roi-là s'angoissait pour tout. Non pas pour les maux du royaume ("Les gens ? disait-il, Quelles gens ?") mais plutôt pour ces riens majeurs qui occupent l'âme et le cœur des écorchés vifs richissimes. Quel costume pour l'opéra ? J'ai mal au doigt. Ai-je un cancer ? Aujourd'hui tout va. Mais demain ? Telles étaient les inquiétudes renouvelables à l'infini qui de l'aube au soir l'obsédaient.
Vint le jour où son conseiller lui dit :
_ Sire, j'en ai assez de remonter votre moral de la cave au premier étage, tous les matins, comme je le fais depuis que vous régnez sur nous. Je connais l'homme qu'il vous faut. Il vit sans le moindre souci avec cinq ou six sous par jour. Allez le voir, observez-le. Peut-être vous apprendra-t-il à ne pas sursauter d'effroi à la moindre mouche qui passe.
_ Bof, tu crois ? répondit le roi.
mais le soir-même, à la nuit noire, confiant de l’œil droit et jaloux de l’œil gauche, il se travestit en mendiant et alla frapper au volet de cet ami du dieu Bonheur.

L'homme était en train de dîner. Il lui offrit de son fromage.
_ Es-tu content ? lui dit le roi ?
_ De quoi manger, de quoi dormir, quatre murs, un toit sur la tête, que puis-je demander de mieux ? lui répondit le bienheureux.
_ Sans doute as-tu un bon métier ?
_ Je répare les pots cassés. Je gagne cinq, six sous par jour. Cela me suffit amplement.
"Trop facile, pensa le roi. Je vais lui donner du souci. Je suis curieux de voir comment il saura s'en dépatouiller." De retour au palais :
_ Ministre, j'interdis que tout pot cassé soit dorénavant recollé. Qu'on achète du beau, du neuf. Il faut stimuler le commerce !

Le lendemain, sur le marché, plus rien pour le raccommodeur. Il s'en alla, le nez au vent. Il rencontra, dans un faubourg, un pauvre vieux à bout de souffle qui rafistolait sa maison. Il lui donna un coup de main. Au soir, comme il rentrait chez lui :
_ Salut mendiant ! Tu tombes bien, c'est bientôt l'heure de dîner.
C'était évidemment le roi dans ses haillons de pègreleux.
_ As-tu de quoi faire la soupe ? lui demanda le déguisé.
_ Je viens de passer ma journée à réparer une charpente. J'y ai gagné cinq sous tout ronds.
Le roi pensa : "Insupportable ! Il me nargue. Il me veut du mal. Nous verrons bien si cette fois il passera entre les gouttes que je vais lui postillonner." Le lendemain, conseil royal.
_ Les travailleurs intermittents sont la plaie de notre pays. Qu'on ramasse les bricoleurs, les déménageurs de greniers, les conteurs, les chanteurs de rue et qu'on les enrôle de force dans mon armée. Voilà, j'ai dit. Post-scriptum : il est un jeune homme que l'on ne devra pas payer . Pas un sou ! Je vous dirai qui.




Voilà notre homme à la caserne. On lui donne un casque, une épée, des bottes, un uniforme bleu.
Le soir venu, devant sa porte :
_ Encore toi, mendiant ? Viens donc, j'ai acheté du vin, des figues, du fromage et des raisins secs.
_ Avec quoi ? demanda le roi, les yeux aussi ronds que la bouche.
_ C'est un secret. Tu veux savoir ? J'ai brisé mon épée en six et je vends un bout de ferraille, chaque jour, pour cinq ou six sous.
_ Et qu'y a-t-il, sacré filou, dans le beau fourreau que voilà ?
_ Oh c'est simple. Une épée de bois.
"Je le tiens" ricana le roi dans sa barbe de faux pouilleux. Le lendemain, dans son palais :
_ Qu'on amène sous mon balcon un brigand condamné à mort. N'importe lequel, je m'en moque. Je veux voir aussi illico le soldat privé de salaire, allons, pressons, vous savez bien, le grand beau à l'air déluré.
Voici les deux bientôt plantés au milieu de la cour royale. 
_ Je te donne l'ordre, soldat, de trancher le cou de cet homme, brailla le roi en désignant du bout du sceptre le malfrat.
_ Holà, holà, répondit l'autre, c'est là besogne de bourreau. Je ne suis, moi, qu'un fantassin extrêmement aléatoire,pour ne pas dire incompétent. Et puis, Sire, réfléchissez, ce bougre est peut-être innocent. N'a-t-il pas l'air vraiment stupide pour un assassin chevronné ? Demandons à Dieu son avis. Vous êtes d'accord ? Merci bien.




Et, tombant à genoux, bras ouverts, tête en l'air :
_ Seigneur, roi des rois, je t'implore. S'il faut que je tue, je tuerai. S'il ne faut pas, fais un miracle.
Que l'épée que je vais tirer de ce fourreau de cuir bouilli ne soit pas de fer, mais de bois !
Geste grandiose, inoubliable. L'arme au soleil ne reluit pas. Signes de croix interminables parmi les ministres béats. Murmures stupéfaits :
_ En bois !
Le roi rit.
_ Viens que je t'embrasse. Je te veux chez moi désormais.
_ Moi ? Pour quoi faire, Majesté ?
_ Presque rien. Te regarder vivre et rire de me vieilles peurs. Cinq sous par jour.
_ Cinq sous ? Parfait !




Et puisqu'il faut bien quand-même une petite phrase, la voici :
"Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été." Albert Camus

dimanche 5 avril 2020

Silence



Nous avons retrouvé une forme du silence. Sortir dans la rue et ne rien entendre, si ce n’est le chant d’un oiseau qui vient soudainement vous rappeler que vous êtes là, dehors. Cet effet-là est saisissant. Le silence est plus facile à trouver chez soi, à l’intérieur. Quoique… Puisque nous ne pouvons pas sortir ou très peu, il faut se rassurer avec des mots et le silence est difficile à obtenir lorsqu’on vit à deux ou plusieurs. Il reste cependant des moments où l’on peut l’installer, dans la méditation, la pratique du yoga ou du taï-chi. Ce sont des moments précieux où l’on peut retrouver ce qui fait notre mystère, le mystère d’être ici, vivant, sur cette terre. Nous mesurons actuellement le prix de ce mystère, en étant constamment rappelés à notre fragilité. Où tout ce que nous pouvons faire, c’est de rester assis, loin des autres, mais relié en pensée avec tous.



Le silence, c’est aussi le titre d’un livre de Thierry Janssen : Ecouter le silence à l’intérieur qui nous mène vers le chemin de l’écoute intérieure et de ce silence plein de notre mystère et riche de toute notre humanité. Ce silence-là est recherche intérieure.

"Le silence à l'intérieur, tout au fond, à l'arrière-fond. Le silence qui est toujours là, au-delà de la confusion des sensations, au-delà de la perturbation des émotions, au-delà de l'agitation des pensées. Le silence essence de la présence, noyau de la conscience. Le silence source de tout, nature ultime de tout, qui est dans tout, qui contient tout. Le silence origine de la vie, espace de la création, lieu de toutes les manifestations."


Mais le silence n’est pas toujours notre allié. Il prend de multiples formes. Il peut être non-dit et l’expression de l’ombre.

"Quand tous les calculs s'avèrent faux, quand les philosophes eux-mêmes n'ont plus rien à nous dire, il est excusable de se tourner vers le babillage fortuit des oiseaux, ou vers le lointain contrepoids des astres." Marguerite Yourcenar (Mémoires d'Hadrien)



Mais restons présents et à l'écoute de ce silence, avec Victor Hugo :

"Ce silence du soir,
Ce n'est pas le silence. Ecoute ! Tout est noir,
La nuit obscure fait toute chose pareille,
Le ciel verse un repos immense; pour l'oreille
Tout bruit a cessé. L'âme entend en ce moment
Une foule de voix sortir confusément
De cette ombre en disant des choses inconnues.
Il semble que les eaux, les plaines et les nues
Sont pleines de secrets qu'elles vont révéler,
Et dès que tout se tait, tout commence à parler."

Victor Hugo.


Et un message pour ceux qui ne respectent pas la richesse du silence : 

"Homme qui aime parler beaucoup : écoute et tu deviendras semblable au sage. Le commencement de la sagesse est le silence."
Pythagore


dimanche 29 mars 2020

L'année 2020 à l'épreuve




Souvenons-nous : nous étions en 2019 et ne pensions pas encore à ce que nous réserverait 2020 et encore moins à la possibilité d'un virus qui viendrait bouleverser notre monde.
Et pourtant, au mois d'août, Sylvie Lafuente Sampietro prépare déjà l'année suivante et nous présente les grandes lignes de ce que sera sa conférence d'astrologie mondiale pour l'année à venir.
Et donc en août 2019, elle avait fait un travail de préparation pour pouvoir présenter la conférence dans ses annonces et lui trouver un titre cohérent avec les énergies de l'année.
Voici ce texte qui prend tout son sens aujourd'hui :

Poser les fondations d'un nouveau monde

"Cette conférence a pour objectif de vous permettre de mieux comprendre la mutation du monde et de nos sociétés à travers une prise de recul sur l’actualité et une compréhension des cycles que l’humanité vit. Elle est un apport personnel pour la gestion de votre année 2020, elle vous donnera des clefs pour saisir ce qui se passe dans votre vie et une prise de conscience des cycles qui sont à l’œuvre.
L’année 2020 est un point clé de fondation ou refondation de l’organisation de notre monde de façon très pragmatique. En toile de fond, les grands cycles propulsent l’humanité dans une dynamique d’évolution incroyable. Ils sont tous en phase de croissance. Pluton/Neptune (cycle de 494 ans) a débuté en 1892, c’est la mutation de nos croyances fondamentales, il est en phase d’organisation pratique (le sextile). Pluton/Uranus (cycle de 139 ans) a débuté en 1966, il gère les révolutions technologiques et se trouve en pleine phase d’application (suite du carré). Uranus/Neptune (Cycle de 171 ans) a débuté en 1993, il s’occupe des mutations idéologiques et religieuses et il est en phase d’émergence (suite du semicarré).
Ceci génère une mutation radicale de nos modes de vie, de pensée et des équilibres économiques et
politiques. Cette année 2020 va reformuler le monde sur le plan des forces territoriales, politiques, et
économiques. C’est un point clé de la structuration très concrète de cette mondialisation que nous vivons tous, que nous le voulions ou pas.




En 2020, nous verrons aussi trois grands cycles se renouveler (Pluton/Saturne, Pluton/Jupiter,
Saturne/Jupiter) dans les signes du Capricorne et du Verseau.
Le temps des conjonctions est souvent chaotique, car c’est un moment de création, d’ensemencement du futur. C’est aussi un espace de liberté, car nous choisissons à ce moment là ce qui va se développer dans l’avenir. Revenir à l’essentiel et à ce qui est durable est une clé de réussite de cette mutation. L’ancien monde s’écroule et il nous faut semer les graines du futur. Sur le plan mondial, il s’agit de l’organisation des rapports de pouvoir et de force et d’une révolution dans la gestion des ressources et des finances. Sur le plan sociétal, il s’agit de la rénovation de nos institutions, de la transformation des entreprises, de la création de nouvelles organisations et communautés. Sur le plan personnel, il s’agit de saisir les mutations en jeu pour organiser notre vie en fonction de nos valeurs les plus authentiques. Choisir avec soin ce que nous désirons cultiver dans nos vies, savoir lâcher ce qui ne fait plus sens et utiliser notre espace de liberté pour créer de nouveaux modèles d’existence. Nous verrons émerger de plus en plus de communautés porteuses de valeurs diverses,
nous devrons choisir avec qui nous voulons évoluer et grandir.
Comment cerner notre rayon d’action et avancer dans le temps du chaos créatif ? Comment canaliser la révolte et la violence en puissance de création ? Sur quoi fonder nos réalisations et projets ? Comment sélectionner les graines de notre futur ? Comment se saisir de l’opportunité du renouveau ?"



Certaines données sont un peu techniques mais faites-en abstraction si vous ne connaissez pas l'astrologie et concentrez-vous sur le message. Vous verrez qu'il est très parlant et qu'il nous inscrit dans la durée et dans l'évolution du monde : si nous tirons les bonnes conclusions de cette crise qui touche l'humanité, nous pourrons le construire, ce nouveau monde !



lundi 23 mars 2020

Gestion de crise



Les extraits, citations et livres ne manquent pas pour nous faire réfléchir au moment que nous traversons. Je vous livre les paroles de deux grands maîtres à penser : C.G. Jung et Christiane Singer au sujet de la crise. Voilà déjà matière à méditer.
Et comme je m'échappe souvent en ce moment vers la beauté de la nature, pleine de sons et de couleurs en ce début de printemps, j'ajoute aux paroles des images de la nature.




"Les crises, les bouleversements et la maladie ne surgissent pas par hasard. Ils nous servent d'indicateurs pour rectifier une trajectoire, explorer de nouvelles orientations, expérimenter un autre chemin de vie."

Carl Gustav Jung



«J’ai gagné la certitude, en cours de route, que les catastrophes sont là pour nous éviter le pire. Et le pire, comment pourrais-je exprimer ce qu’est le pire? Le pire, c’est bel et bien d’avoir traversé la vie sans naufrages, d’être resté à la surface des choses, d’avoir dansé au bal des ombres, d’avoir pataugé dans ce marécage des on-dit, des apparences, de n’avoir jamais été précipité dans une autre dimension. Les crises, dans la société où nous vivons, sont vraiment ce qu’on a encore trouvé de mieux, à défaut de maître, quand on n'en a pas à la portée de la main, pour entrer dans l’autre dimension. Dans notre société, toute l’ambition, toute la concentration est de nous détourner, de détourner notre attention de tout ce qui est important. Un système de fils barbelés, d’interdits pour ne pas avoir accès à notre profondeur {...}

C’est une immense conspiration, la plus gigantesque conspiration d’une civilisation contre l’âme, contre l’esprit. Dans une société où tout est barré, où les chemins ne sont pas indiqués pour entrer dans la profondeur, il n’y a que la crise pour pouvoir briser ces murs autour de nous. La crise, qui sert en quelque sorte de bélier pour enfoncer les portes de ces forteresses où nous nous tenons murés, avec tout l’arsenal de notre personnalité, tout ce que nous croyons être {...}

Nous sommes tous spécialisés dans l’esquive, dans le détournement, dans le «divertissement» tel que le voyait Pascal. Il n’y a au fond que cette possibilité, subitement, de se dire : «Oui, mais tout cela, tout ce qui m’enserre, tout ce qui m’étrangle, mais c’est moi !»

Christiane Singer, «Du bon usage des crises», 1996