dimanche 21 février 2016

Cadran solaire

Le 5 mars, vous pouvez vous joindre à nous pour visiter le cadran solaire du collège Stendhal à Grenoble.




Nous avions déjà proposé cette visite qui est passionnante pour découvrir le travail de lecture de la course du soleil sur les murs de l'escalier du collège, mais pour découvrir aussi comment se lit le zodiaque à partir de la course du soleil tout au long de la journée et de l'année et bien d'autres données.
Vous pouvez relire ce que j'avais écrit après cette visite ici :
http://associationaltair.blogspot.fr/2011/02/astronomie-astrologie-et-geographie.html
Ce cadran solaire est très rare et sa visite est particulièrement intéressante. Et je suis admirative du travail du père jésuite Jean Bonfa qui a travaillé trois années à ce projet fou de décrire la course du temps au long du jour et de l'année sur les murs de cet escalier . 



Ce trimestre, nous vous aurons emmenés visiter le ciel et j'espère que nous aurons ainsi matière à nous relier à l'univers et nous retrouver en lui.

"Ecoute en toi-même
Et vois dans l'infini
De l'univers et des âges,
Ecoute ce chant des astres
Cette voix des nombres, 
C'est l'harmonie des sphères."

D'après le Corpus Hermeticum attribué à hermès Trismégiste




Pour vous inscrire à cette visite, envoyez un mail à : assoc.altair@gmail.com.




Le blog prend une semaine de vacances. Nous nous retrouverons donc début mars, toujours avec autant de plaisir !

dimanche 14 février 2016

La simplicité



Dans le livre des trois amis en quête de sagesse de Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard, j'ai particulièrement aimé le chapitre qu'ils consacrent à l'éloge de la simplicité. Ce thème-là fait partie des sujets importants du monde d'aujourd'hui, tant nous avons tendance à accumuler, sur tous les plans et dans tous les domaines, compulsivement.

Deux citations sur le dépouillement viennent nous interpeller sur l'acceptation de la vie et de ce qu'elle nous offre : 

Maître Eckhart :
"Si Dieu veut me donner ce que je désire, je le possède et j'en suis comblé; si Dieu ne veut pas me le donner, c'est par la privation que je le reçois dans cette même volonté divine, qui justement ne veut pas. Et ainsi c'est en étant privé que je reçois , c'est en ne prenant pas que je prends."

Saint-Augustin :
"Fais le vide afin d'être comblé, apprends à ne pas aimer pour apprendre à aimer, détourne-toi afin que tu sois bien tourné. Pour que ce soit dit en bref, tout ce qui doit accueillir ou être réceptif doit nécessairement être nu et vide."

Et puis, bien sûr, Matthieu Ricard nous parle du non attachement, un point fondamental du bouddhisme.
Il nous explique très bien ce que cela implique, qui n'est pas, comme nous le croyons souvent, ne plus rien aimer, et se tenir dans une sorte d'indifférence.
Matthieu Ricard :
"Ne pas s'attacher ne veut pas dire aimer moins les autres. Au contraire, on les aime mieux, car on est moins préoccupé par le besoin de recevoir leur amour en échange de celui que l'on donne. On les aime tels qu'ils sont, eux, et pas à travers le prisme déformant de notre ego. Plutôt que de s'attacher aux autres pour le bonheur qu'ils nous donnent, on se soucie de leur bonheur; au lieu d'attendre anxieusement une gratification, on se réjouit simplement quand notre amour suscite un amour réciproque."
"Le non-attachement consiste à apprécier pleinement les êtres et les situations, mais sans vouloir les accaparer, sans les enduire avec la colle de notre désir possessif."
"Le renoncement n'est en fait, pas une privation, mais une liberté."


Il s'agit d'atteindre la liberté, puisque nous n'avons plus rien à perdre.
Et tout ceci m'a fait penser à Lilith ou la lune noire, ce point du ciel que nous utilisons en astrologie, et qui correspond précisément à cette liberté que nous atteignons, lorsque nous renonçons à nous accrocher, lorsque nous acceptons ce que la vie nous propose et lorsque nous lui faisons simplement confiance pour répondre à nos besoins.
J'ai retrouvé quelques phrases qui caractérisent l'interprétation de Lilith, nous sommes bien dans le non attachement et la liberté d'être.
"Lilith nous demande de nous libérer du passé, car tout est là maintenant.
On est dans le non attachement, dans l’extase de ce que la vie nous donne.
Lilith est dans l’impermanence des choses, le non attachement, 

On ne tient jamais la source : elle est si elle doit être. Et dès qu’on veut l’attraper, la tenir, elle s’échappe.
Cette expérience apporte une unité très profonde avec le monde. Rien ne dépend de rien mais tout fonctionne ensemble.
Il n'existe plus d’attachement, de possession, de désir que ça dure.
Ce qui est est, ce qui n’est pas n’est pas." 
(Phrases extraites de l'enseignement de Sylvie Lafuente Sampietro)

Lilith nous dit la même chose que maître Eckhart et Saint-Augustin, la même chose que les bouddhistes. Lorsque le vide a été fait en soi de toutes nos possessions et nos attachements, nous pouvons trouver la liberté et la plénitude d'un autre niveau de vécu.




Cet été un stage sur Lilith est organisé par Sylvie Lafuente Sampietro en Ardèche du 24 au 30 juillet.
C'est l'occasion de découvrir comment Lilith nous touche, chacun de nous ayant sa façon spécifique de vivre la liberté et l'intensité de vie qu'elle nous propose. Tous les renseignements sur le site : http://www.astrologie-humaniste-appliquee.fr/stages

dimanche 7 février 2016

Ciel d'hiver



N'oubliez pas : le 23 février, nous partons à la découverte du ciel d'hiver ! Vous pouvez vous inscrire pour cette soirée étoilée en Chartreuse sur notre adresse mail : assoc.altair@gmail.com.
Jupiter et la Lune se lèveront dans le ciel à notre arrivée et nous pourrons admirer les constellations dans un ciel éclairé par une lune presque pleine ( la pleine lune est le 22 février).
Une soirée pleine de beauté et d'immensité nous attend donc.
Parmi les constellations d'hiver, nous pourrons voir Orion. Les histoires de la mythologie autour des constellations sont très nombreuses.
J'ai trouvé un des contes raconté sur Orion que je retranscris ici. Celui-ci est plutôt simple et adapté pour les jeunes, car les aventures d'Orion, comme toujours dans la mythologie grecque, sont parfois très rudes et assez compliquées.



"Il était une fois un grand et beau guerrier qui s'appelait Orion. Il n'avait peur de rien et passait son temps à chasser. Un jour, dans la forêt de l'île de Chios, il rencontra la princesse Méropé et en tomba amoureux. Mais pour pouvoir l'épouser, le père de Méropé demanda à Orion de tuer tous les animaux dangereux de l'île. Accompagné de son grand et de son petit chien, Orion se mit tout de suite en route... Les deux chiens, au lieu d'assister leur maître, s'amusaient à poursuivre un lièvre...
Et c'est tout seul que le valeureux guerrier tua tous les animaux sauvages de l'île, sauf un : un énorme taureau sauvage réussit à se cacher au fond de la forêt sans qu'Orion ne s'en aperçoive.
De retour au palais, Orion voulut alors épouser Méropé, mais le roi refusa car il entendait encore toutes les nuits les hurlements du taureau qui lui parvenaient du fond de la forêt.
Alors Orion, furieux, quitta l'île et jura de tuer tous les animaux sauvages qu'il rencontrerait. Mais Gaïa, la déesse de la terre ne pouvait tolérer de telles paroles, Elle envoya un énorme scorpion pour punir Orion ! Celui-ci, plein de courage, attaqua le terrible animal mais le scorpion avait une carapace plus dure que le métal. La seule solution pour Orion était la fuite. Au moment où le scorpion allait le piquer, Artémis, la déesse de la chasse, transforma son ami en constellation d'hiver pour le protéger.
Après la transformation d'Orion, le scorpion fut également placé dans le ciel, mais sous forme de constellation d'été !
Et aujourd'hui encore, le scorpion poursuit Orion, mais comme il a été placé dans le ciel d'été et Orion dans le ciel d'hiver, les deux combattants en sont jamais visibles en même temps et ne peuvent plus se battre.
Et c'est ainsi que dans le ciel d'hiver, on peut voir le grand et le petit chien, le lièvre et le taureau, qui entourent Orion."


dimanche 31 janvier 2016

Voir et entendre



Le joli film japonais "les délices de Tokyo" de Naomi Kawase m'a laissé un beau souvenir de fraîcheur et de joie.
Pourtant l'histoire n'est pas très gaie et les personnages ont tous subi leur lot d'épreuves. 
Dans une petite boutique de gâteaux japonais appelés dorayakis ( deux pancakes fourrés avec une pâte confite de haricots rouges), la vie est morne et calme jusqu'à ce que se présente une vieille dame qui propose au gérant de venir travailler chez lui.  Il finit par se laisser persuader et grâce à la recette de la vieille dame, la boutique a un grand succès : les gâteaux sont devenus très bons. Mais Tokue (la vieille dame) a les mains déformées. Des rumeurs courent sur elle et elle finit par être obligée de partir, laissant le gérant dans une grande tristesse...




La gaieté vient de la vieille dame, toujours joyeuse et prête à s'émerveiller de tout ce que la nature peut offrir : les extraordinaires fleurs de cerisiers, mais aussi les feuilles qui bruissent au vent, les oiseaux qui chantent dans les arbres, et jusques aux haricots de la recette qu'elle écoute parce qu'ils lui racontent une histoire, l'histoire de leur long voyage jusqu'à elle. Il faut cuisiner avec son coeur et avec respect. 
Mais aussi savoir regarder et écouter la nature, dit la vieille dame qui a vécu toute sa vie dans un sanatorium pour lépreux à Tokyo. Le jardin y est certes magnifique mais les pensionnaires ont été pendant des décennies interdits de sortie. Il leur fallait donc trouver leur liberté autrement.



Tokue, la vieille dame sait aussi bien recommander d'écouter ce que racontent les haricots rouges que les feuilles de cerisier ou le ruisseau qui coule sur le bout de bois. Elle ouvre un chemin vers la grâce et la possibilité de surmonter les épreuves. Et nous fait sentir que c'est dans la rencontre avec les autres que l'on peut tous apprendre et partager.
Elle qui parle avec la lune cachée derrière les feuilles des arbres  nous dit que la nature qui nous entoure peut donner un sens à notre vie. Ce film est un conte d'aujourd'hui, sur la beauté du monde qui nous entoure, et sur la simplicité, comme je les aime.



"S'émerveiller devant la vie, s'émerveiller devant la mort, s'émerveiller devant toutes les connaissances de la perpétuelle nouveauté; tout devient fil de soie pour tisser la trame d'une existence constamment émerveillée."  Marie-Madeleine Davy

dimanche 24 janvier 2016

Une touche de sagesse de l'aube au coucher du soleil



Cette semaine, la bienveillance et la sagesse de l'autre m'ont tenu la main et je les ai retrouvées plusieurs fois sur mon chemin.
Je vous invite donc à prolonger mon expérience  avec les conseils d'un psychologue et un conte juif qui nous interrogent sur notre regard sur l'autre.

Cette pensée m'est fournie par l'horoscope toujours plein d'humour et de vérité psychologique de Rob Brezsny. Certes, je n'aime pas les horoscopes, mais celui-ci a quelque chose de vraiment sympathique.
“Face à un coucher de soleil, je n’imagine pas demander à la nature de mettre un peu moins d’orangé par ci, un peu plus de violet par là et des nuages plus rosés. Je n’essaie pas de contrôler le spectacle, je l’admire”, disait le psychologue Carl Rogers. “L’une des expériences les plus satisfaisantes est d’apprécier pleinement l’autre, comme j’apprécie un coucher de soleil”, ajoutait-il.




Le conte est rapporté par Patrick Fishmann dans Contes des sages juifs.

La sagesse de l'aube

Le vieux maître avait réuni ses étudiants et d'autres jeunes gens du village pour leur dire au revoir et pour leur laisser une perle à sucer pendant une absence qui pourrait être longue. Voyager aussi loin à cet âge, ce n'était pas sans risque. Aussi ce départ en terre sainte avait-il un goût d'adieu. Les visages étaient graves et les cœurs silencieux.
"Eh bien, ne faites pas cette tête ! Tout à l'heure, si vous voulez me faire plaisir, il faudra danser ! J'ai une chose que je souhaiterais vous confier pour que vous en preniez soin."
Un murmure parcourut l'assemblée. Chacun était prêt à veiller sur le trésor du maître.
Quand il sortit son mouchoir, ils s'attendaient à voir apparaître une petite boîte, un livre ou un objet précieux.
"Ce n'est pas une chose matérielle que je veux vous confier. C'est une question, une simple question à conserver, à entretenir, à chérir. 
Mes enfants, quand est-on vraiment certain que la nuit est finie et que l'aube se lève ?"
"Quand le premier rayon du soleil apparaît ? " dit l'un.
"Non."
"Quand le coq chante ?" "Non plus."
"Quand on distingue une brebis d'un chien ? " dit encore un autre.
"Non"
"Un olivier d'un jujubier ?"
"Mais non !"
Silence dans la salle, évidemment.
"On est certain que la nuit est finie et que l'aube se lève, dit le maître, lorsque l'on voit venir un étranger et que l'on sait, sans aucun doute, qu'il est notre frère. A cet instant, nous sommes illuminés."
Qui est sage, l'homme instruit ?
Est sage celui ou celle qui apprend de tout homme.







dimanche 17 janvier 2016

Poèmes pour maintenant

A François Busnel qui lui demandait une définition de la poésie, François Cheng répondit :

"Le poète comme tout un chacun est un interlocuteur de l'univers vivant, mais pour lui c'est  au moyen d'un langage qu'il porte  à son plus haut niveau. "


Ce que nous pouvons vérifier dans son dernier ouvrage de poésie : 

"La vraie gloire est ici."
Magnifique livre, qui illustre bien son titre : tout nous est donné à chaque instant, et l'ailleurs n'est à chercher qu'ici et maintenant.
Dans les poèmes que je cite ici, on retrouve la brume qui vient cacher le soleil, la voix et le silence, la joie de l'enfant et le réenchantement du monde que nous pouvons à chaque instant recréer.




D'un moment à l'autre, l'anonyme brume
Va monter de la vallée;
Bientôt nous nous abandonnerons
Au crépuscule, à la nuit.

Mais pour l'heure un soleil nous retient,
Ici, à la mi-hauteur :
Terrasse de la demeure humaine,
Pierres dont l'ancienne senteur

Se mêle à nos mots. Trois cyprès, là
Au perpétuel flamboiement...
Seul un migrateur égaré capte
L'ardent souffle d'outre-ciel.

D'un moment à l'autre, la brume anonyme
Va monter de la vallée;
Les cœurs humains soudain se tiennent
Cois,
En eux cri de l'ultime gloire.




Or voici :

Le vrai silence vient au bout des mots;
Mais les mots justes ne naissent
Qu'au sein du silence;

De même :

La vraie voie se continue par la voix;
Mais la juste voix ne surgit
Qu'au cœur de la voie.




Enfant, si proche encore de ta naissance,
A ton tour tu apprends l'enfantement.
Le monde n'existe point tant que tu l'ignores,
Tu le vois, toujours pour la première fois !
Ton regard l'invente, l'enfante, l'enchante,
Tout semble t'attendre, tout reste ouvert :
Aube d'été, le bleu du ciel et le vert
De la terre viennent s'offrir à toi.
L'espace est un cerf-volant sans contrainte,
Et le temps le trot d'un âne sans fin.
La brume ayant établi tous les ponts,
Une chenille ouvre la voie du dragon.
Toi tu connais le chemin à travers
Fourrés et cascades te conduisant
Au lieu magique où tout se transforme :
Le têtard en lézard, la libellule
En alouette chevauchant les étoiles.

Mais au cœur du monde, tu connaîtras tôt
La douleur des arrachements, les affres
De la nostalgie. Pour toi désormais
Quelle survie autre que la seconde enfance ?


dimanche 10 janvier 2016

La légende de Pan Ku

C'est une vieille légende de la mythologie  chinoise qui raconte la création du monde.
J'aime me laisser emporter par ces histoires anciennes, toutes chargées des rêves de l'humanité.




"Quand tout reposait dans le Tao, il existait un œuf gigantesque empli de chaos et d'obscurité. C'est là que Pan'Ku le géant dormait. Quand le premier-né s'éveilla de son profond sommeil, après dix-huit mille ans, il s'en prit à la coquille qui le maintenait prisonnier dans l'obscurité. Il déploya ses bras puissants et lança ses paumes immenses en avant, cassant net en deux l’œuf du chaos. Quand toute la poussière primordiale se répandit au-dehors, quand l'énergie commença sa danse cosmique, il vit descendre le lourd et monter le léger. Debout entre Yin et Yang, il émit son premier son, sur un vaste soupir d'aise vers l'univers qu'il désirait aimer. Tandis qu'une terre incertaine et un ciel hésitant prenaient place, il se campa sur ses deux pieds, leva au plus haut les bras pour soutenir la voûte naissante. Et tandis que Pan'Ku grandissait, l'espace séparant les pôles devint prodigieux. Au cours des dix-huit mille années qui suivirent, la terre s'épaissit, le ciel s'épanouit et l'Ancêtre des mille êtres de l'univers songea à la sérénité, après les tourbillons du chaos. Il rêva à une nouvelle étape, une ère rayonnante éclairée par un soleil, reflétée par une lune, inventa une terre vêtue de beauté. Le temps de visualiser un ballet d'étoiles, de sentir le parfum des cerisiers en fleur, d'entrapercevoir rivières et cimes enneigées, il mourut épuisé, sans voir les créations qu'il avait imaginées.
Mais sa mort fut une offrande car tout son corps se métamorphosa. Son souffle devint vent et air de vie. Sa voix se fit tonnerre, invitant ciel et terre à demeurer éloignés et aimants. Son œil gauche se transforma en astre flamboyant et apparut en robe de soleil. Son œil droit devint la lune, un lac où les dieux s'abreuvent. Les deux astres allaient main dans la main. La chevelure, la barbe de Pan'Ku se changèrent en essaims d'étoiles, formant des animaux brillants : Dragon d'azur à l'Est, Tortue noire au Nord, Tigre blanc pour l'Ouest, Phénix vermillon au Sud. Son cœur prit la place de la Grande Ourse. Ses membres et son corps furent cinq montagnes tendues vers le ciel, prolongeant l'horizon dans les quatre directions. Son sang, sa lymphe glissèrent en filets de sources, torrents et cascades. Elles se changèrent en méandres de rivières et en fleuves pour rejoindre l'océan. Sa chair devint tourbe, limon , vase; ses muscles puissants, des vallons et des prairies. Ses dents, ses os et ses baisers cristallisèrent en diamants, perles de jade. Ses poils se hérissèrent de cyprès, de théiers sauvages, de pins et de ginkgos. Sa sueur se fit rosée du matin, pluie. Les neuf ouvertures de son corps firent les neuf portes du ciel.




Voilà comment le monde émana du rêve et du corps du géant. Les humains sont nés de son âme, ils portent en eux le Tao, la voie. Ils sont parcourus de sentiers méridiens semblables aux itinéraires célestes. Leurs organes cheminent dans le cohérence et vont main dans la main. Ainsi va la sagesse de ceux qui connaissent les liens entre l'homme et le cosmos, qui nourrissent envers leur corps le sentiment de Pan'Ku, le géant qui désirait aimer."


Fuxi


Il existe différentes versions de cette légende. J'ai choisi celle du livre des contes qui savent lire dans les étoiles, de Patrick Fischmann.